C’est juste ça, ma vie?

Nous sommes plusieurs à nous avoir posé cette question n’est-ce pas? Conséquence d’une image avec filtre embellissant, d’une éducation qui nous a fait croire que nous étions plus-que-spéciaux, de l’infini virtuel qui nous garoche des idées sans logique… Peu importe, le mal est fait. Routine ordinaire, quotidien banal, nous avons sans cesse envie de surpasser les limites des autres générations. Potentiel d’un avenir plus flamboyant, on se rapproche davantage des licornes et des arc-en-ciel que d’une réelle avancée. Au final, c’est une perpétuelle illusion d’un bonheur qui n’est pas conjugué au présent. Parce que personne n’échappe au cadeau du passé : ce besoin de prouver, d’être reconnu de faire valoir son existence dans le regard de l’autre. Immobiliser le bonheur au lieu de simplement le partager, constat d’un manque intérieur difficile à gérer dans un futur rapproché. Nous voulons faire de grandes choses et laisser notre trace dans l’histoire, mais pour laisser quel genre d’héritage? En constante fuite dans une autre ville, un autre pays ou tout simplement dans le quotidien par d’autres moyens, on détruit notre signature affective. Faire taire l’égo permettrait peut-être de s’engager davantage? S’ouvrir, même si la peur nous jure malheur. Se sentir, même avec le calvaire de la brûlure. S’enrôler, même si les guns risquent de se retourner contre nous.

C’est juste ça ma vie?

Un mouvement de balance qui tangue trop souvent vers la destruction des petits bonheurs? Des joies que l’on sent bien insignifiantes près des grandes réalisations cultivées? Une déception face à un avenir que l’on croyait plus prestigieux et à un passé que l’on espérait sans fautes? C’est juste ça ma vie? Je refuse de dire oui. J’espère réussir à transformer le juste en tout pour garder le bon. Continuer à assimiler le bonheur et à diriger mon humeur vers le soleil qui me rougit les joues.

C’est tout ça ma vie.

Des enfants qui font des cabanes dans le bois et qui arrivent en courant pour avoir un marteau. Des gens qui me posent des questions et qui s’intéresse vraiment aux réponses. Des amis qui souhaitent mon bonheur à tout prix. De la famille qui me fait une place dans leur maison. Deux cousins qui rient aux éclats pendant des heures. Un travail qui me permet d’apprendre les réelles priorités. Des individus qui me soutiennent dans toutes les sphères de ma vie. Une conversation qui peut passer par toutes les émotions sans gêne. Un entourage qui apprécie mon humour, mes réflexions et la personne que je suis. C’est tout ça ma vie. L’évolution de mes pensées vers de nouveaux apprentissages. La sagesse de se la fermer en choisissant nos batailles. L’amour, mais pas à n’importe quel prix.

C’est tout ça ma vie.

Un choix constant vers la douceur d’être. Une satisfaction de prendre soin de l’autre, tout en essayant tous les jours de le faire davantage pour soi-même.

C’est tout ça ma vie.

Personne n’a dit que ce serait facile, mais je refuse de cesser d’avancer vers le contentement.

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