On a beau faire le choix de vivre en région, il arrive dans la vie des événements hors de notre contrôle qui nous font sortir de notre Abitibi, de notre Beauce, de notre Côte-Nord… pour avoir recours aux services des grands centres; des soins de santé spécialisées entres autres.
Ma fille est née avec une malformation des yeux : du strabisme congénital. En bon québécois, elle louche. À ses 8 mois, après une consultation chez l’optométriste, j’ai fais face à deux options : être sur une liste d’attente pour voir l’ophtalmologiste qui venait en région une fois par mois ou envoyer la requête directement à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal. Mon cœur de maman m’a conduite vers les spécialistes urbains. À ce moment-là, je ne pensais pas à tout ce que cela entraînerait, je souhaitais seulement que ma fille reçoive les meilleurs soins possibles.

Depuis 4 ans, ma fille a eu 10 rendez-vous à Sainte-Justine, dont deux opérations, qui ont corrigé son strabisme à 85-90 %. Au fil des années, les suivis s’espacent à une fois l’an et une 3e opération est prévue dans les années à venir.
Les suivis à Ste-Justine, c’est quoi pour moi? C’est faire 16 heures de route aller-retour pour être dans le bureau du médecin gros max 1 heure (ça déjà été 10 minutes…). C’est des dépenses et une bonne organisation. C’est de m’inquiéter de l’état des routes en février ou d’un accident 12 mois par année. Pour calmer le stress, je profite de la route pour faire des pique-niques, je prends le temps d’explorer les jeux du manoir Ronald Mc Donald avec ma fille une fois là-bas.

Malgré tout ce que cela impliquent, je n’ai jamais regretté d’avoir suivi mon instinct, car ma fille a un médecin en or. Il a depuis longtemps apprivoisé ma fille et il réussit à calmer mes angoisses de maman à chaque rendez-vous. Charlie est une petite fille très énergique, et pour elle, les voyages à Montréal font désormais partie de sa vie.

Et de la mienne. Comme j’en ai vécu des émotions! J’ai appris à mettre de côté mon stress de maman pour rassurer ma fille, surtout lors des opérations. Je l’ai souvent fait patienter une grande partie de la journée, le jour même de l’opération, alors qu’elle est à jeun depuis la veille au soir et qu’elle ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas manger… J’ai vu ma fille partir pour le bloc opératoire en lui faisant des sourires rassurants, tout en me retenant de ne pas pleurer, car même si les opérations sont assez simples, ça reste de grands moments d’émotions. Je me rappelle me faire appeler en salle de réveil pour calmer ma fille de 3 ans qui se bat littéralement avec l’infirmière parce que son pouce qu’elle veut mettre dans sa bouche est emprisonné dans son bandage de soluté. Et dire que ma fille n’est pas atteinte d’une maladie qui atteint à sa vie, je compatis avec tous les parents pour qui ce n’est pas le cas.

Les séjours à l’hôpital Sainte-Justine, c’est aussi me faire donner une chaise berçante au beau milieu des fils et des machines et de prendre ma fille, qui a enfin eu son pouce. C’est voir ma fille courir dans le Manoir Ronald Mc Donald et manger comme quatre quelques heures seulement après son opération alors que selon les infirmières, elle serait amorphe et aurait peu d’appétit.
J’offre ce texte à tous les parents d’enfants qui ont besoin de soins spécialisées et qui doivent se rendre dans les grands centres régulièrement et parfois pour de longs séjours. Merci au Manoir Mc Donald de rendre notre séjour le plus simple et confortable possible dans des situations semblables. C’est en pensant à vous que je me fais un devoir de faire un don au Manoir Mc Donald à chaque année parce que cet endroit est une ressource indispensable pour les familles qui y séjournent.

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