J’ai le temps de vous écrire (j’avoue vous avoir négligés ces derniers temps), car je suis incapable de dormir. Mon voisin a décidé d’organiser une fête dans sa cour arrière. Il est bientôt 23 h. Je dois vous avouer que je meurs d’envie d’appeler la police. En ville, où il est normal de ne pas reconnaître sa voisine à l’épicerie du coin, je ne me gênerais pas pour le faire. Toutefois, en région où tout le monde est au courant de tout, c’est plus gênant. Je ne sais pas qu’elle est l’occasion pour justifier tout ce bruit, mais je dois avouer que le chanteur mérite une médaille. Il s’époumone depuis 18 h sans pause.

Je dois avouer que je n’ai aucune patience pour le bruit. J’ai dû hériter cela de mes parents. La dernière fois que je suis allée à la maison, mon père a monopolisé la discussion du souper en bougonnant contre la tondeuse du voisin. Je me permets de souligner ici que les voisins les plus près sont quand même séparés de nous par un champ, puisque la maison est entourée de terres agricoles.

J’en discutais avec une collègue de travail l’autre jour justement. Je rêve d’une maison à la campagne pour vivre le plus possible isolée dans le fond d’un rang et avoir comme seul bruit les oiseaux le matin. Est-ce que cela fait de moi une personne sauvage? Je pense au contraire que je suis une personne très sociale, pourtant j’aime mille fois mieux me faire réveiller le matin par des rayons de soleil que par la moto du voisin. Est-ce que je suis la seule? Est-ce que nous devons seulement profiter des retraites de yoga qui coûtent la peau des fesses pour avoir un peu de calme?

Bon, je manque officiellement de repos et je m’emporte. Je dois quand même souligner que j’ai de la chance de ne pas devoir dormir avec la circulation routière des grandes villes comme bruit de fond. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié une étude en 2015 qui présentait le bruit environnemental non pas comme une simple nuisance, mais comme un risque réel pour la santé, particulièrement en milieu urbain, où il peut affecter un grand nombre de personnes. Selon ses données, le bruit du transport routier est la principale source de bruit nuisible, mais d’autres sources ne doivent pas être négligées : transport aérien, chantiers de construction, lieux de diffusion de musique, activités industrielles, etc. En outre, un cumul des expositions à plusieurs sources de bruits est possible dans certaines situations, notamment en milieu urbain.

22 H 56 : Miracle! Je pense que le spectacle est fini… Bonne nuit (et à la prochaine)!

P.S. Je vous invite à lire l’article « Le silence est-il un luxe ? » de Catherine Dubé sur le site de L’actualité.