Dans ma vie, mes plus grands chagrins affectifs n’ont pas été d’amour, mais d’amitié. Désolée les gars… 🙂
Une peine d’amitié, c’est une longue et douce séparation qui bouleverse une vie autant qu’un chagrin amoureux. Et en plus, c’est inattendu et déstabilisant comme émotion, on ne s’attend souvent pas à vivre une telle peine.
Et on perd beaucoup d’amitiés dans une vie. Pas toujours significatives, mais beaucoup d’amis passent et ne reviennent plus. Ceux de la garderie d’abord, dont on se rappelle à peine. Ensuite, viennent ceux rencontrés à l’école primaire puis secondaire. Si vous avez grandi en région comme moi, vous n’avez pas eu à choisir vos relations à cette époque. Dans mon coin, il y avait une classe de chaque degré. Parmi ceux de ma classe, 4 ou 5 élèves sont du même village que moi. Disons que affinités ou non, si on veut un minimum de relations sociales, il faut jouer avec les amis disponibles dans son village! Les choix de gang, ça n’existaient pas vraiment.
Le secondaire, période de grandes révélations et expériences, m’a appris beaucoup sur la loyauté ou absence de, et sur l’acceptation de la différence, ou l’absence de. La découverte de soi dans une école secondaire de 500 élèves peut se réaliser librement sans embûches, à condition de rentrer dans le moule. Sinon, gare aux étiquettes!
J’ai tout de même vécu de grands moments exaltants dans mon adolescence. Je pourrais même dire qu’ils étaient de brefs aperçus de ma vie adulte en devenir! Je m’exprimais avec aisance et excitation devant l’interphone, devant la caméra ou devant toute l’école qui me regardait. J’ai aidé plusieurs amies à se sentir bien dans leur peau. La version adulte de moi était en train de se cristalliser!
On dit souvent que les amitiés formées au cégep et à l’université, pour ceux qui y vont, sont plus durables.  La raison serait que l’on partage plus de points communs avec nos homologues étudiants et que nous-mêmes, nous nous rapprochons davantage de notre soi final,  celui qui transportera nos valeurs. C’est probablement vrai. La gamine de 15 que j’étais et la femme que je suis aujourd’hui ne se ressemblent pas vraiment. Même pas du tout. Mais je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans ses piètres expériences et ses nombreux faux-pas.
Encore une fois, si vous venez d’une région, vous l’avez peut-être quittée pour aller étudier, parce que plus souvent qu’autrement, nos domaines de formation ne sont pas à côté de chez nous. Vous avez donc laissé derrière vous, par la même occasion, vos amis d’enfance.
Si le Québec est petit, dieu seul sait à quel point il faut en parcourir de la distance pour entretenir toutes ces relations-là! Mon périple Témiscamingue, Gatineau, Fermont, Beauce m’a apporté des rencontres formidables, mais qui elles aussi ont la bougeotte et se sont éparpillées à Québec, Sorel, Rouyn, Dolbeau-Mistassini, Lac-Mégantic, alouette! J’aime le Québec et ses régions, mais je ne passe tout de même pas ma vie sur la route. Il y a Facebook qui me permet de garder contact, que dis-je, de zieuter leur vie, plutôt.
Quand ma fille me demande: c’est qui ta meilleure amie toi, maman? Je n’ai pas de réponse. C’est un concept d’enfant, les Bestfriends, non? L’enfant en moi aimerait bien avoir des amis à la How I met your mother ou à la Sex and the city. D’ailleurs, je dis souvent à la blague que les personnages de How I met your mother sont mes meilleurs amis! Je sais, c’est pathétique, si on le conçoit de façon littérale, mais quand je ne feel pas, j’écoute des épisodes pis ça me fait du bien pour vrai.
Je me rappelle aussi de moi, fillette, posant la même question à ma mère et me répondant: « Tsé chou-fleur, (oui, elle m’appelait chou-fleur et le fait encore), quand on est adulte, on a moins d’amis. »
Aujourd’hui, je comprends ma mère d’avoir eu moins d’amis. Entre les enfants, le boulot, le blogue, le chum, la maison, le chien et les études, le temps passe et certains amis aussi. Pour ma part, j’ai la chance d’avoir à mes côtés de bonnes amies avec qui, même si elles vivent à l’autre bout de la province, un coup de fil suffit pour que tout redevienne comme avant, comme si on s’était vu la veille.
Il appert aussi que plus on vieillit, plus on se connait, plus on se fait confiance et plus on connait nos limites. En tout cas, c’est mon cas! C’est tout le contraire de ma situation d’enfance: j’ai le choix de partager ou non une amitié aujourd’hui.
C’est peut-être ça le secret de l’amitié quand on est adulte: nous devenons notre propre meilleur ami. Nous avons appris ou nous apprenons à cultiver la relation à nous-même, ce qui nous assure d’avoir le meilleur des amis à nos côtés en tout temps. Dans tous les cas, je nous le souhaite!
J’vais me chercher un Bestfriend en bracelet pour me l’offrir, un dans l’cou, l’autre à la cheville! Il en existe encore des Spice girls vous croyez?

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