La vérité m’est apparue dans le visage de ma fille alors que je tentais de la maquiller en chauve-souris pour l’Halloween, la semaine dernière. Après avoir trouvé le parfait modèle de maquillage de yeux sur Internet, j’ai fouillé dans mon trousseau pour trouver les couleurs et j’ai découvert… rien.

Et là, je me suis rappelé: dans mon souci minimaliste des derniers mois, j’ai jeté à la poubelle tout le maquillage dont je me me servais plus. Alors en ce matin de l’Halloween 2016, je n’ai presque rien pour colorer le visage de ma fille. Sauf un eye-liner noir. La base, quand même.

Mais non. Le malheureux crayon s’est défait en morceaux au fur à mesure que je l’étendais sur la petite paupière, asséché par un manque d’attention flagrant depuis des mois. God.

Qu’ai-je fais? J’ai sauvé la journée avec une boite de peinture et crayon aquarelle qui trainait dans le kit de bricolage. Maquillage réussi et pleurs épargnés! (high five!) Mais ma réflexion ne s’est pas arrêtée après cette victoire.

Je.ne.me.maquille.plus.

Ce n’est pas qu’une petite révélation pour moi. Adolescente, mes anciennes copines vous le diront, je n’étais intéressée que par le maquillage. J’avais une incroyable collection de textures, couleurs, marques et accessoires que mon budget de gardienne de 14 ans pouvait se permettre. Je regardais religieusement l’émission Évasion Beauté de Lise Watier (mon idole) et je devais certainement être la seule gamine à mettre de l’ombre sur son arcade sourcilière pour « approfondir le regard » à des milles à la ronde.

Je crois que mon cheminement a débuté il y a quelques années, mais c’est le retour au travail après mon dernier congé de maternité qui a été le plus significatif. Je trouvais tellllllllement long de me maquiller, me manucurer et me coiffer pour une journée au travail. God, les femmes, on passe un temps fou dans une salle de bain!

J’enviais mon chum qui était prêt en sortant de la douche. Il ne se sèche pas les cheveux, ne les raidit pas, ne mets pas mille produits dedans. En comparaison, j’ai trouvé la vie d’une femme excessivement compliquée. Et je n’avais plus envie de ça. Si mon chum est non seulement beau, mais a une apparence socialement acceptable en sortant de la douche, je ne verrais pas pourquoi je ne l’aurais pas moi aussi, bon.

Alors j’ai tranquillement troqué mes soirées de manucures interminables pour de la lecture, mes séances d’applatissage et de coloration de cheveux pour des câlins à mon garçon et le temps de maquillage pour l’attente d’autobus dehors avec ma fille. Mon rituel beauté se résume à une BB crème, un baume à lèvre, des extensions de cils une fois par mois pis… ben c’est tout.

Est-ce que je pâtis au travail parce que mon vernis ne « fit » plus avec mon linge? Pantoute. Est-ce qu’on me regarde bizarre? Pantoute. Est-ce que je travaille moins bien, est-ce mes relations sont moins bonnes? Pantoute.

néorurale vlog

Vlog #1 sur Youtube

Pis je suis belle pareille. Je me demande même si je ne le suis pas plus! Plus en harmonie avec moi, plus heureuse et plus fière, assurément. Même pour mes vidéos sur ma chaine Youtube, je ne me maquille pas, ou à peine! Et c’est devenu super important pour moi de ne pas le faire, afin de montrer l’exemple d’une femme qui est peu maquillée et à l’aise avec ça.

Et pour ceux qui aurait envie de dire: « Bah! C’est pas grave, tu vis dans un village, tu n’as personne à impressionner, tout le monde se fout de quoi tu as l’air. »

Oupelaï. Monumentale erreur, gang.

Quand on vit dans un village, on est à 100% sûr de rencontrer quelqu’un qu’on connait dès qu’on sort une orteil de la maison. Or, ce sont devant les gens connus qu’on veut se pavaner et faire nos fiers; les parfaits inconnus nous laissent plutôt indifférents. Alors plus la communauté est petite, plus la tenue est souvent importante.

C’est drôle tout de même, mon jeu préféré d’adolescente s’est transformé en corvée. Ah! La réponse est dans ma phrase: le maquillage n’était qu’un jeu pour moi. Et aujourd’hui, je ne joue plus la comédie: je suis moi-même à tous les instants de ma vie.

Mais je ne voudrais pas être mal comprise. Ce texte est mon expérience personnelle. Je n’ai rien contre les femmes qui se maquillent et qui aiment le faire, bien au contraire! Je ne crois pas non plus que celles qui le font se cachent ou se transforment en quelqu’un d’autre. Ce qui est vrai pour moi, ne l’est pas pour tout le monde. Et encore, je crois que le maquillage peut se révéler très positif, s’avérer un outil important et aider à la confiance en soi.

Quelle est votre relation avec le maquillage?

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