L’aventure a commencé par un soir de décembre 2015, je faisais défiler mon mur d’actualité sur Facebook.  Je suis tombé sur le post d’une amie qui s’était inscrite au 21,1km à Ottawa. Je me suis dite WOW ! Un demi-marathon, elle est hot ! Je me mets à lire les commentaires où elle parlait des différents « corrals » selon notre temps estimé et je me suis dit « ben pourquoi je m’essaierais pas? » C’était comme un parie avec moi-même, un « t’es pas game » personnel. J’avais déjà participé à des 5km, mais cette fois-ci, la distance prévue et l’envergure de l’événement était tout un défi.

Bref, avant que je m’en rende vraiment compte, mon inscription était complétée et envoyée…

Au début février, j’affiche avec fierté mon programme d’entraînement sur mon frigo avec 3 jours de courses par semaine, entrecoupés de jour de repos et d’entraînements complémentaires ; marche, vélo, musculation (j’avoue que j’ai sauté quelques séances de muscu…)

Neige, froid, pluie, vent… rien ne m’a arrêté, même pas la grosse grippe attrapé juste une semaine avant la course. J’enfilais mes running, parfois après un coup de pied au derrière, et j’étais toujours fière et heureuse en revenant de mon entraînement. Ma confiance a grandit à mesure que mon temps s’améliorait et que mes genoux tenaient le coup.

Jour I (pourquoi i, parce que demain c’est le jour J, qu’est-ce qui vient avant J… Et voilà)

3h 15 pris dans le trafic pour aller chercher ma trousse de course, on est à 5 minutes du centre Shaw à Ottawa mais ça avance pas, y’a des autos partout, y’a pas de parking, faut que je sois là avant 4h !! Je décide finalement de sortir de l’auto tandis que ma tante prend le volant, je cours vers l’édifice alors qu’elle essaie de se garer ! Enfin, je réussi à récupérer ma trousse de pré demi-marathonnienne ! Je capote ! Opération RCR : Respire Christiane Respire !!

Jour J : quelques minutes avant le départ

(conversation avec moi-même) Y a donc ben du monde icitte… 15 000 personnes sur une ligne de départ ça ressemble à ça…. bon ok, faut que je laisse mon petit côté claustrophobe-agoraphobe de côté, respire, ça va ben aller, concentre-toé à trouver ton corral.

Ça y est, ça va être le signal de départ, c’est là que ça se passe ! Calme-toé Cricri trouve ton rythme, pars pas trop vite sinon tu vas finir le trajet en rampant ! Respire, cours à ton rythme, fais ta bulle (MA BULLE, avec 15 000 personnes autour… ironie?!), focus sur ici et maintenant, 1 km à la fois. Suis le petit lapin de cadence de 3h00 ça va bien aller !

5km : J’ai dont ben mal aux jambes mausus je viens de décoller… me semble je ne cours pas comme d’habitude… Plie les genoux cricri comme une gazelle bong bong bong. Haaa c’est déjà mieux.

7km : Honnnn des enfants qui veulent nous donner la main, bazouelle j’me sens comme une vedette !

12 km : Ha non mon p’tit lapin de cadence de 3h00 s’éloigne, attends-moiiiii ! Ha pis de la schnoute, je le retrouverai ben tantôt.

15km : Cibole, il commence à faire chaud, la douche va être bonne, la bouffe aussi, pis un bon verre de vin, peut-être deux… ha non pas deux crime m’a me retrouver la face dans mon assiette à ronfler jusqu’à demain matin hihi

17km : j’en peux pu ! Ha un subway, je pourrais arrêter un peu… hihi ce serait drôle de dire ça à Mireile, ben oui ça ma pris 4h je me suis permise un sous-marin en route…. Haha.

400m avant la ligne d’arrivée – au secours, j’ai mal ! Go Go cricri, arrête de te plaindre on finit ça en beauté !!

21.1km : JE L’AI FAIS !! J’ai mal partout ! J’ai faim ! Je veux m’étendre sur l’asphalte et me laisser mourir !! NON SÉRIEUX, JE L’AI FAIS. Ouch ! ayoye ! Je me sens comme une Barbie désarticulée! Ma médaille ! Une banane ! De l’eau ! !! Quand est-ce que je remets ça ?

Jour J– quelques heures après ma course

13410468_10154172032905775_533188481_oJe ne sais pas si je referai un 21.1km. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai les genoux qui grincent, le dos en compote, les cuisses en criss, une hanche qui s’enflamme, des ampoules aux pieds grosses comme des balles de golf, la fatigue qui prend le dessus. Mais je suis fière en pas pour rire. J’avais un stress ce matin en arrivant sur le départ parce que bon Ottawa c’est une grosse ville, je ne connaissais pas le parcours et il y avait vraiment beaucoup de monde ce qui me faisait sortir de ma zone de confort. Cependant, une fois sur la ligne avec les autres coureurs et que le départ est imminent, tu oublies ton stress et tu ne penses qu’à ta course, qu’au moment présent, c’est une vague d’énergie ce moment-là. Quand les gens sur les bords des rues t’applaudissent et t’encouragent en criant ton nom, tu oublies que tu as mal aux genoux, qu’il te reste 15-10-5 km, tu continues avec le sourire. C’est l’humain dans ce qu’il a de plus beau, c’est un effet rassembleur énergisant. Les prochaines lignes de départ que je foulerai seront en ville ou en milieu rural pour un 5km ou un 10 km mais elles seront sans aucun doute toutes aussi gratifiantes qu’aujourd’hui.

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