Normalement, je quitte la grande ville pour retourner à la campagne lorsque l’école se termine au printemps. J’en profite pour respirer un peu d’air frais, écouter le silence et vagabonder dans les grands espaces lors des jours de beau temps. Mes amis de la ville s’inquiètent toujours des possibilités d’emploi qui s’offrent alors à moi. Pourtant, je trouve chaque fois quelque chose d’intéressant. Bien sûr, en campagne, le nombre de postes saisonniers qui m’attirent est plutôt réduit, mais le nombre de postulants l’est également. Donc, selon moi, mes chances de décrocher un emploi sont semblables en milieu rural et urbain.

Il y a quelques semaines, lorsque j’ai reçu une offre pour un emploi d’été sur la Côte-Nord, j’ai pris un moment de réflexion. Habituée de retourner dans ma région natale, la Beauce, je trouvais que la Côte-Nord était peut-être une région un peu trop isolée.

Mon frère m’a convaincu d’accepter le poste en me rappelant que lui, il devait prendre ses deux semaines de vacances d’été et payer pour aller voir les baleines et autres beautés de l’endroit. Alors moi, je n’allais quand même pas refuser d’être payée pour aller les voir!

Son argument m’a fait réfléchir à la perspective de découvrir une nouvelle région du Québec. J’ai déjà mis les pieds à Sept-Îles dans le cadre de mon implication étudiante, mais je n’ai jamais pris le temps de visiter cette région du Québec. Aujourd’hui, entre Sorel-Tracy et Québec, puisque le GPS n’avait plus de batterie, mon amie et moi sommes arrêtées dans un bureau d’information touristique afin d’avoir des indications pour retrouver notre chemin. J’en ai profité pour prendre un guide touristique de la région de la Côte-Nord. Les images de baleines, des monolithes de la Réserve du parc national de l’Archipel-de-Mingan, des plages et des fruits de mer m’ont confortée dans ma décision.

On parle régulièrement d’exode des jeunes vers les grandes villes, mais j’aime bien la vision de Place aux jeunes en région qui considère que ce mouvement de population n’est pas irréversible. Selon cet organisme, 60 % des jeunes ayant quitté leur région d’origine auraient le désir de retourner en région si les circonstances s’y prêtent.

Je comprends que plusieurs ont peur de ne pas trouver d’emploi dans leur région natale. Toutefois, puisque le Québec est grand et qu’il regorge de régions, je ne crois pas que nous devrions restreindre nos recherches à notre seule région d’origine. De toute façon, après un trop long moment d’absence de sa région natale, on devient un « étrange », alors aussi bien l’être pour vrai dans une nouvelle région si un emploi stimulant nous y attend.