Avec l’approche imminente du temps des Fêtes, je ne m’emballe pas pour ciné-cadeau. Ok, j’avoue, un peu quand même. Je capote surtout parce que ça veut dire qu’entre deux party de Noël, j’aurai l’occasion de passer quelques journées pyjamas bien emmitouflée, non pas à me taper 75 épisodes de Walking dead, mais bien à dévorer 75 livres (pardonnez ma tendance à l’exagération) pour alléger ma trop longue liste de « livres à lire avant de mourir ». Et tant qu’à parler de lecture, j’ai décidé de vous faire une petites listes de livres à lire ou à offrir dans le temps de Noël.
Comme la période des fêtes est un moment de partage et que c’est en général très familial, je propose des titres qui pourront rapidement faire le tour de la famille.
1.  Ok, je sais, avec la sortie du film Paul à Québec cet automne, tout le monde a entendu parler de Paul, les bandes dessinées de Michel Rabagliati, mais ce n’est pas pour rien! À ma connaissance, ce personnage et ses histoires tellement empreintes de sensibilité et d’humanité on de quoi charmer n’importe qui. Ma mère qui n’avait jamais lu de Bédés de sa vie(sauf quelques Archie quand elle avait 8 ans)  a été complètement subjuguée par ces romans-graphiques. C’est avec sincérité, humour, émotions et intelligence que Rabagliati use les mines de son crayon et raconte les histoires de son protagoniste. Je vous le dis, Paul, c’est un must à placer entre toutes les mains.
2. livres à lireTant qu’à être dans la lignée des romans graphiques et parce que je vais vous parler de son roman un peu plus bas, il faut se procurer l’album Jane le renard et moi, oeuvre de la dessinatrice Isabelle Arsenault et de l’auteure Fanny Britt. C’est beau, touchant, poignant. Le mariage des illustrations d’Arsenault avec les mots de Britt offre un tout sublime qui aborde le thème de l’enfance et de l’intimidation. Je n’ai pas d’enfant et en théorie, je ne suis plus vraiment une enfant, mais j’ai adoré. C’est un oeuvre qui peut plaire à tout ceux qui savent reconnaître la beauté.
3. Depuis que je suis libraire, mon cœur d’enfant s’exalte tout les jours parce que je redécouvre l’art des albums jeunesse. Il y a une panoplie d’auteurs et illustrateurs québécois au talent immense (et mon amour pour la littérature québécoise est certes inconditionnel), mais j’ai récemment découvert l’Irlandais (qui vit à New York)Oliver Jeffers. Et là, je vous le dis, ce fut le coup de foudre. Son album Rébellion chez les crayons (finaliste au prix des libraires 2015) est tout simplement craquant, autant par les dessins aux traits naïfs que par le texte tout à fait ludique de Drew Daywalt qui explose de couleurs. L’idée est simple, charmante : les crayons expriment leurs états d’âme sur leur utilisation. Il faut aussi lire Il était une fois l’alphabet aussi d’Oliver Jeffers. Je m’éternise, mais découvrez cet auteur/illustrateur. Voilà.
4. Je veux une maison faite de sorties de secours. D’abord ce titre, phrase écrite par Nelly Arcan elle-même dit beaucoup de chose. Ce collectif dirigé par Claudia Larochelle jette un œil sur l’oeuvre et la vie de Nelly Arcan. Moi qui ai tout lu et relue cette auteure québécoise qu’une mort tragique a transcendé en figure littéraire presque mythique, s’est délectée de cette lecture à la fois belle et douloureuse. Claudia Larochelle qui était une amie de Nelly Arcan y signe des textes très intimes et précieux. Les collaborateurs agrémentent le tout par des réflexions ou des textes qui revisitent certains pans de l’oeuvre ou de la personne derrière les textes. C’est un livre hommage d’une grande beauté et j’imagine que c’est l’amour de Claudia Larochelle pour son amie qui teinte ce recueil d’autant de belles émotions.
J’aime aussi, même si le temps des Fêtes se veut un moment de festivité et de légèreté, plonger dans la lecture de bons romans. Alors là, la sélection a été difficile mais je vous propose deux de mes coups de cœur de l’automne.
5. livres à lireLa femme qui fuit d’Anaïs Barbeau Lavalette est un incontournable. Je précise d’emblée que la sensibilité artistique de cette femme, auteure et cinéaste est assez incroyable merci. Mais là, CE roman, mes amis. Pour faire court, cette fameuse femme qui fuit, c’est la grand-mère absente d’Anaïs Bardeau Lavalette, celle qui n’a pas élevé ses enfants. Pour comprendre ce choix, l’auteure engage une détective privée, fait ses propres recherches pour documenter la vie de sa grand-mère poétesse, Suzanne Meloche. Ce qui est beau là dedans, c’est d’abord qu’on ne se trouve pas devant une série de faits relatée de façon détachée et froide. On est loin d’un ton biographique.  La prose de ce roman est tout simplement magnifique.
6. Pour avoir vu des pièces de Fanny Britt, pour les avoir apprécié et pour avoir trippé sur son album jeunesse, j’attendais son premier roman, Les maisons, avec fébrilité. Et je n’ai pas été déçue. La prémisse évoque le danger de tomber dans le cliché (personnellement, je n’étais pas inquiète, mais quand même…). C’est l’histoire de Tessa, ancienne étudiante en chant, agente immobilière qui a le mari aimant et trois adorables petits garçons. Une rencontre inopinée avec un ancien amant la confronte à tous ce qui lui a échappée pour la mener à la vie familiale routinière qu’elle mène. Un passage tout simple où le personnage doit se choisir un maillot de bain m’a particulièrement touchée. Ça m’a confronté à mon propre regard sur moi. Les maisons, Tessa les vend, les habite, les juge, leur donne une valeur. Et c’est dans l’intimité d’un chez-soi, d’un voyage en soi que toute cette histoire se construit.
Quels livres avez-vous prévu lire pendant le congé des Fêtes?

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