Montréal,
Je suis arrivée à la fin du mois d’août et t’avais encore la chaleur de l’été qui faisait ruisseler ta peau. Je t’ai reconnu comme on reconnaît une aventure d’un soir au coin de la rue : un vieux one night qu’on avait vite fait d’oublier. J’avais l’impression que notre brève intimité partagée n’avait rien changé à notre statut d’inconnu. Je me souvenais d’une étreinte lointaine où déjà, tes lèvres goûtaient le lendemain de veille. J’ai aperçu tes lumières au loin, j’ai traversé le pont qui nous séparait. Tes contours étaient flous. Tu m’attirais encore. Je t’avais toujours trouvée mystérieuse et ça faisait ton charme. Je te trouvais encore belle, mais j’avais quand même tendance à t’ignorer, à faire comme si je t’avais pas vue, comme si on se connaissait pas. Mais nous savions toutes les deux.

Pourtant Montréal, des fois je te trouve bonne au jeu de l’indifférence. Je te marche sur le corps et tu fais encore comme si tu remarquais rien. Tu m’intimides. Parce que t’es grande et que tu brilles même la nuit.

Montréal,
Peu à peu, à force de se regarder furtivement, on est devenus comme des amantes : t’es comme la fuck friend avec qui je ne veux pas trop d’engagement. T’es là parce que j’avais besoin de vivre mes expériences, de m’amuser, d’essayer autres choses. Les passions sont vives, mais t’es là en attendant. C’est comme si je voulais pas trop m’engager parce que je décroche pas de mon premier amour, parce que je pense à lui tout le temps et que j’ai le sentiment qu’il m’attend encore à bras ouverts, avec mille et un projets. T’es mon rebound, mon détour préféré. Tu me fais du bien, mais du mal en même temps.

J’ai envie de t’aimer et je me surprends souvent à penser que ça pourrait fonctionner. Il me semble qu’on a des choses en commun, il me semble que t’es un monde de possibilités. Il me semble qu’on pourrait être bien, s’épanouir, se voir vieillir.

Mais mon premier amour…

J’ai l’impression Montréal, que notre relation va finir avec un classique : « Non, c’est pas toi, c’est moi. »

C’est pas toi, c’est moi, Montréal.

Mais on peut rester amies
xox

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