Je t’avais dit que je ne t’écrirais plus ici. Mais tu me manques trop, j’ai besoin de te savoir là, tout proche. Parce que la chaleur de l’échange, elle est bilatérale: du doux pour du doux… Ça marche de même, idéalement.

Alors, dis-moi donc… Comment tu vas? Comment tu vas, pour vrai?

C’est novembre. Je sais que desfois, il manque de soleil dehors comme en dedans. Malgré que, le mois n’a foutrement rien à voir avec le glacial. Un soleil plombant n’empêchera jamais quelqu’un d’avoir du plomb froid dans les poches.

Peut-être me diras-tu que généralement, ça va. Que tu gardes le cap, que tu nages contre les vagues et que tu vois le rivage proche. Mais que parfois, tu te laisserais couler dans le fond, tout bêtement. Ces jours-là, ton impatience augmente ta culpabilité, tes maladresses décuplent tes responsabilités et tes brusqueries renforcent tes fautes. Ces jours-là, tu te demande ce qui ne va pas chez toi, tu te dis que tu as manqué partout, il fait tellement noir tout d’un coup.

Être déçu de sa vie… C’est ça, hein?

C’est novembre, et on s’en criss parce que je t’entend, je connais et je ressens souvent. Je sais que le chemin fait, il n’est pas volé. Je sais que la maudite blessure d’abandon, elle chaume jamais. Je sais que le saignement repart à la moindre égratignure. Je sais que du solide, ça se liquéfie par trop d’incertitudes. Je sais que le normal du quotidien, ça devient juste trop big desfois.

Reculer pour mieux avancer qu’ILS disent… Au fait, sais-tu qui sont ILS? T’sais, ceux qui affirment tant de belles phrases toutes faites, les amis de TOUT LE MONDE et de PERSONNE? Eh bien s’ILS cognent à ta porte, fais-moi le plaisir de leur servir un solide tayeule. Question que cessent les généralités, que l’ignorance, la peur et le jugement ne se permettent plus de te garocher des roches pour rien.

Je t’aime. Me crois-tu?

Je n’ai pas besoin de te connaître pour te le dire: tu es enough. Prend le temps, ferme tes écrans, écoute de la musique, lève la tête. Je ne suis pas loin, un genre de madrier sur lequel tu peux t’appuyer enfin. Prend ton souffle, pour éviter la nausée des longues courses. Laisse toi être, pour l’amour, cesse d’avoir peur de ton ombre. Le dark, c’est ce qui permet à la lumière d’exister apparemment.

Un coucou, du doux pour du doux et l’impression de me répéter malgré tout. Mais jamais je ne le dirai assez, parce que c’est si dur à assimiler. Je ne sais pas quand j’aurai l’occasion de te jaser à nouveau, mais saches que ça va aller. Refuse d’obtempérer, ok?