En mars dernier, dans le cadre du Festival international du film ethnographique du Québec, j’ai écouté Un film de chasse de filles. Suivant cinq femmes québécoises âgées de 14 à 72 ans dans le bois pour la période de la chasse, le film permet de présenter une réalité de la chasse au Québec : il y a une augmentation du nombre de femmes qui pratiquent cette activité.

Le film ne met pas de gants blancs. Il y a du sang et bien des sacres. Pourtant, cela m’a quand même donné le goût d’aller chercher ma viande directement dans le bois à l’automne. À l’ouverture de la période de la chasse cette année, je me suis donc rendue dans le bois avec mon papa. Pendant cette fin de semaine, j’ai eu froid, il y a eu de la grêle et beaucoup de vent, je me suis chicanée avec un oiseau et j’ai eu vraiment peur de perdre mon chevreuil. Mais, j’ai aussi pris un moment au calme en dehors de la ville, j’ai fait une réserve d’air frais, j’ai pratiqué mes respirations de yoga du haut d’un arbre, etc.

L’un de mes plus anciens souvenirs d’enfance est de courir à l’arrière de la maison le soir de l’anniversaire de ma mère et de voir un chevreuil sur le toit de l’auto. Mon père avait tué et était revenu spécialement pour sa fête. La chasse a alors, selon mes souvenirs, toujours été une activité normale à l’automne. Mon père ne manque jamais sa période de chasse et je n’ai pas le souvenir de ne pas avoir mangé de chevreuil une année. De plus, le fait de vivre à la campagne dans le milieu d’un champ implique que mes parents m’ont toujours obligé (c’est encore le cas) à porter une tuque de couleurs ou un dossard pour jouer dehors pendant plus d’un mois par année. Au secondaire, j’ai aussi des amies qui ont suivi leurs cours de chasse. Personnellement, je n’ai pas exprimé le désir d’accompagner mon père avant cette année, car je pense que je ne m’étais jamais questionné sur la provenance et la qualité de mes aliments avant de quitter la maison familiale. Depuis que je réalise moi-même mon épicerie, j’ai beaucoup de misère avec l’étalage de la boucherie. J’ai pensé devenir végétarienne, mais j’aime vraiment beaucoup trop le goût de la viande.

La chasse est un important outil de contrôle d’aménagement de la faune en favorisant le maintien d’un équilibre entre les populations animales et leur habitat. En plus, la chasse produit d’intéressantes retombées économiques et sociales pour la prospérité des régions. C’est une chance énorme que nous avons de pouvoir se procurer de la viande saine, hautement nutritive et dépourvue, en grande partie, de mauvais cholestérol. Ce qui est dommage, c’est que plusieurs préjugés sont tenaces et que certains chasseurs négligents et irresponsables ainsi que des braconniers ternissent la réputation d’une majorité de chasseurs respectueux de cette richesse naturelle. Qu’en pensez-vous?

Crédit photo : Denis Marois

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