Triste nouvelle. Ma région se décline, selon l’Institut de la statistique du Québec.

En gros, il y a moins de monde et le monde qui reste gagne moins d’argent.

Quand j’entends pareilles statistiques, je me dis que ça doit décourager les gens de la ville à venir s’installer chez nous et les gens en milieu rural à continuer à investir en région. Parce que c’est ce que cela produit chez moi, pour être bien honnête avec vous. Un découragement. Temporaire.

Quand on choisit un milieu pour s’installer, on investi pas seulement notre argent dans l’achat d’une maison, mais toute notre vie sociale, l’enfance de nos enfants et notre carrière. Comment convaincre une entreprise de s’installer chez nous pour offrir des emplois ou une Commission scolaire de ne pas fermer d’école quand les nouvelles sont sombres?

On dit souvent que l’on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, alors c’est ce que je tente de faire ce matin: leur faire dire quelque chose de positif. Un petit exercice de communication, quoi! Déformation professionnelle et personnelle, parce que je suis une fille de communication en mode solution qui voit toujours le bon côté des choses! Cela est bien naïf de ma part, mais vouloir changer les choses commence par soi et par une nouvelle vision des problèmes.

  • Il y a peut-être moins de monde et ça veut aussi dire pas de voisin et pas de traffic.

Premièrement, il faut dire que c’est un avantage du petit village, qu’il y ait moins de monde. Moins de traffic, aucun problème de stationnement, grands espaces verts et voisins à des kilomètres: ce sont des avantages de la vie rurale. Les gens de la ville nous envie pour ça.

Ceci dit, il faut quand même un minimum de population pour conserver les emplois et les services essentiels: épiceries, dépanneurs et écoles. Mais le problème de démographie n’est pas unique aux régions ou à la MRC des Etchemins, c’est partout comme ça. Ce qu’il faut souligner, ce n’est pas le problème, mais ce qui est mis en place pour palier ce phénomène.

Les gouvernements inventent toujours de nouvelles les mesures pour aider les familles – à faire des bébés!- et pour encourager l’immigration. Les régions multiplient les initiatives d’entraide entre elles et d’attraction de la population pour contrer les effets de la démographie et de l’exil des gens vers la ville. Pouvons-nous saluer ces efforts qui portent leur fruits plutôt que le problème en soi? Je suis d’avis que les statistiques sont des outils pour nous permettre de mettre en place des mesures adéquates, non pas des fatalités en elles-mêmes.

  • Les salaires sont peut-être moins élevés, mais le style de vie coute aussi moins cher.

On dit que l’important, ce n’est pas combien on gagne, mais combien il nous reste. Rien de plus vrai, à mon sens, et ce, peu importe où l’on vit.  Dans Les Etchemins, les salaires sont peut-être moins élevés que ceux de d’autres régions ou de la ville, mais le coût du loyer et des maisons l’est autant. Personnellement, je travaille fort et je réussi à gagner ma vie en région. Je ne suis pas la seule à réussir et je sais que d’autres n’ont pas cette chance aussi. Il existe des organismes d’aide à l’emploi et d’aide à la gestion financière pour nous aider (et il n’y a pas de file d’attente pour recevoir de l’aide!).

La solidarité des petites communautés a aussi un impact sur le budget. On trouve souvent quelqu’un disponible pour refaire son toit, éviter les gaspillage des légumes du jardin, faire garder ses enfants pendant une commission ou se faire prêter des livres et des films. On donne au suivant, on contribue à l’échange. Personne ne l’a calculé ça, à l’Institut de la statistique du Québec.

Les dernières statistiques démographiques de ma région ne sont donc qu’une base pour développer encore plus d’idées pour la vitaliser! J’ai choisi le beaux côtés des choses, et vous?

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