La plupart du temps, quand les gens imaginent leur avenir, ils y voient : un conjoint, un ou plusieurs enfants, une maison, un travail où ils s’accomplissent…

La monoparentalité ne fait habituellement pas partie de nos choix. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire: « Ha oui, moi plus tard, je veux me séparer et élever mes enfants façon solo. » Je n’étais pas différente de la majorité des gens et l’idée que je pouvais être un jour mère célibataire ne m’avait jamais effleuré l’esprit surtout que j’avais grandi dans une famille traditionnelle.

À 23 ans, j’avais une job que j’adorais, un conjoint depuis 4 ans, une petite fille de quelques mois, la possibilité d’une maison était dans l’air. L’avenir s’annonçait à la hauteur de mes attentes. Mais, les choses ont changé. Et une séparation est venue. J’ai eu des pensées du genre: « Mère célibataire : ma vie est fichue, comment vais-je faire pour tout gérer seule et arriver financièrement ? La garde-partagée? Ma fille finira malheureuse et traumatisée ! » Je me souviens à l’époque, ma mère m’avait demandé:

– Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?

– Tu veux que je fasses quoi ? Que je me roule en boule et que je pleure le reste de ma vie ? Je ne peux pas.

Effectivement, je me suis relevée et j’ai avancé, malgré la peur et les incertitudes quant à l’avenir. J’avais aussi peur du jugement et du regard des autres car je ne vous apprends rien en vous disant que lorsque vous habitez en région, tout le monde se connaît, tout finit par ce savoir et que c’est impossible de faire son épicerie sans rencontrer une connaissance et se faire demander : « Pis, encore seule ? Ha, je sais pas comment tu fais, avec ta fille, toute seule… »

Ce mois-ci, cela fera 4 ans que je suis mère monoparentale et quelques mois que je suis redevenue mère célibataire. J’habite un 4 ½ et ma fille vit la garde partagée depuis ses 9 mois ; pas du tout ce que j’avais imaginé dans mes jeunes années. ET PUIS ?

Est-ce que ma vie est fichue? Sans intérêt? Pas du tout, je fais des sorties avec ma fille, avec des amis, avec ma famille et même seule, j’ai toujours un nouveau projet ou un défi en tête. J’apprends à me faire confiance et à profiter du moment présent. Je n’ai pas renoncé à l’amour et à une vie de couple. Seulement j’ai appris que mon bonheur ne tient pas uniquement à ma situation conjugale.

Est-ce que j’arrive à tout gérer et à arriver financièrement ? Je fais de mon mieux, malgré des périodes plus difficiles, j’ai appris à faire des choix dans mon mode de vie et à mettre des priorités dans mes dépenses et dans ma vie, je choisis mes batailles et je me pratique à l’art du lâcher prise. J’ai la chance d’avoir un travail qui me passionne tout en ayant des horaires souples pour être plus présente pour ma fille.

Est-ce que ma fille est malheureuse ou traumatisée ? Aucunement, c’est une jeune bonne femme qui déborde d’énergie et de gaîté de vivre. Son père et moi avons toujours fait en sorte de garder en priorité son bien-être malgré la séparation.

Il faut bien l’avouer, pour beaucoup vivre seul fait peur. Se retrouver face à soi-même n’est pas toujours évident.  Et quand on a des enfants à élever, il y a des moments où cela peut nous sembler une montagne. On n’a alors pas d’autres choix que de prendre cela une journée à la fois et parfois même une heure à la fois… rien ne sert d’anticiper les événements des mois ou années d’avance, traversons donc le pont lorsque l’on sera rendu à la rivière.

Je suis encore en apprentissage pour ce principe! 😉