Le camping, j’ai ça dans le sang!  Avant même de savoir marcher, je faisais du camping avec ma famille. Du vrai camping là ; pas de télé, pas de Facebook, pas de gogosses électroniques. Plutôt, les feux de bois, les repas pris dehors, la nature et les étoiles filantes!

J’ai l’appel d’aller voir ailleurs assez régulièrement. Faire de la route et découvrir de nouveaux coins de pays, j’adore ! Et quand je peux combiner les deux, c’est encore mieux.  Au fil des années, j’ai fait des voyages et du camping avec un conjoint, avec de la famille ou des amis.

Cet été, parce que la vie m’a enseigné que je n’aurais pas toujours quelqu’un qui puisse ou veuille m’accompagner dans mes expéditions, j’ai décidé de partir seule avec ma fille. Sortir de mon Abitibi, affronter le fameux parc de La Vérendry, visiter d’autres contrées lointaines, tout cela comme une grande, avec ma fille et ma tente-roulotte piner derrière mon TUCSON. Oh, mais quel sentiment de liberté !

Mais que serait un vrai voyage sans péripéties. La première m’a conduite dans un garage parce que bon….J’avais oublié de raccourcir le fil reliant ma tente-roulotte à mon auto, celui qui fait allumer les lumières lorsque je freine pour ne pas que l’auto derrière moi embrasse ma roulotte. Donc, ce fil était écœuré de traîner par terre et a décidé de s’enlever la vie quelque part entre chez moi et les quelques 450 km d’ensuite.

Donc, après avoir expliqué mon problème au vendeur et au garagiste, le premier me dit: « Approche ton auto que je regarde ça, c’est ton chum que je vois dans la voiture ? ».

« Heu non, je suis seule », répondis-je.

Le garagiste, tout en vérifiant le problème, papote et se renseigne tout bonnement à savoir d’où je viens.

« De l’Abitibi » avouais-je.

« Ha ouin, tu es parti de l’Abitibi seule avec ta tente-roulotte, tu es courageuse… »

D’accord, d’accord, je sais qu’il n’y avait pas de méchancetés dans ses dires, mais courageuse? Pourquoi ? Parce que je n’avais pas un membre de la gente masculine avec moi, je fais preuve de bravoure ? Est-ce vraiment indispensable ? (soupir)

Mon voyage se continue sans heurt, jusqu’à l’arrivée au camping. Je sais me débrouiller dans beaucoup de domaine, mais reculer une tente-roulotte dans un terrain à peine plus large que ma main tout en évitant les arbres qui y sont parsemés, le trou du foyer, le bloc de ciment sur lequel est écrit le numéro du terrain… j’avoue que même avec l’aide du langage coloré québécois, j’y aurais passé le reste de mon séjour. J’ai besoin de quelqu’un à l’extérieur pour me guider et ça n’a rien à voir avec mon sexe!

Heureusement, un monsieur me propose son aide. Une fois tout à sa place, il me dit: « Hé, attends-moi, je vais à ma roulotte deux minutes et je reviens t’aider avec le reste »

Lorsqu’il revient, il est tout surpris de voir que ma roulotte est dépiner et que j’ai déjà commencé à la monter. Il me lance « Ho! Ce n’est pas la première fois que tu fais ça. Mais qu’est-ce qu’une belle madame comme toi, fais toute seule en camping ? Ton chum travaille pendant que tu es en congé?»

«  OK, mon cher monsieur ! Primo, non, ce n’est effectivement pas la première fois que je fais ça, est-ce que vous vous attendiez vraiment à ce que je vous attende les bras croisés ? Et secundo, non y’a pas de chum qui travaille, y’a pas de chum tout court. Est-ce que j’ai le droit de voyager sans homme à bord, avec une tente-roulotte et une voiture utilitaire manuelle.  Oui oui monsieur, stander, sans avoir ce genre de commentaires ! »

Évidemment, vous devinez que ce n’est pas la réponse que je lui ai donné parce qu’il était très gentil et serviable, mais… ha que certains hommes ont des paroles de machos !

PSSTT! Je récidive en voyage-camping l’été prochain, j’ai déjà une ou deux destinations en tête seule ou accompagnée, peu importe mais je n’embarque pas les machos, tenez vous-le pour dit! 😉

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