L’autre jour, ma colocataire de Québec m’a demandé de me rendre à Saint-Georges afin d’acheter de nouveaux tabourets de cuisine qui ne restaient en stock que là-bas. Dans sa tête, si j’habite en Beauce et que Saint-Georges est en Beauce, je dois bien m’y rendre quelques fois par mois afin de faire des achats. Eh bien non, désolée! Saint-Georges est à une heure de chez mes parents, quand les ponts de Québec sont à trente minutes. Si j’ai réalisé mes études collégiales à Québec, c’est en partie pour cette raison.

Si la ville de Québec ne se résume pas aux bars de la Grande-Allée, aux photos du Château Frontenac et aux centres d’achats du Boulevard Laurier, la Beauce ne se résume pas au Cégep et à l’Hôpital de Saint-Georges.

Quand une personne m’apprend qu’elle vit à Québec, je ne pense pas automatiquement qu’elle habite dans le Vieux-Québec, alors pourquoi quand j’apprends à quelqu’un que j’habite en Beauce, j’ai généralement la fameuse réplique du « Ah! Donc t’habites à Saint-Georges ». La personne qui veut, par cette réponse, me montrer à quel point elle connaît sa carte du Québec a toujours le droit à un regard noir de ma part.

Au secondaire, j’ai appris à placer l’Iran, le Pakistan, le Brésil et l’Égypte sur une carte du monde, mais j’ai jamais eu un examen où l’on me demandait de placer Sept-Îles ou Rouyn-Noranda. Et pourtant, dans ma vie, cela m’aurait été beaucoup plus utile, car je suis déjà allée à Sept-Îles et à Rouyn, mais jamais en Iran, au Pakistan, au Brésil ou même en Égypte. Je ne dis pas là qu’il n’est pas important de connaître sa carte du monde, loin de là, mais pourquoi ne pas aussi apprendre à connaître nos régions à l’école. Pourquoi est-ce que l’on étudie trois fois les maisons longues des autochtones à l’arrivée de Christophe Colomb, mais jamais la situation actuelle des autochtones dans les réserves au Nord du Québec tout en les plaçant sur la carte?

Par cette article, je suis bien consciente de ne pas engendrer une réforme de l’enseignement de l’histoire et de la géographie au secondaire (qui est, tout de même, grandement nécessaire), mais je me permets de vous inviter à prendre conscience de la diversité et de la grandeur de notre province.

Il reste quelques semaines à l’été, pourquoi ne pas en profiter pour visiter un coin du Québec. Vous n’aurez alors même pas à vous soucier d’avoir un passeport à jour ou du taux de change. Partez en toute liberté!

P.-S. Si vous manquez d’inspiration, visitez le site QuébecOriginal, le site touristique officiel du gouvernement du Québec.

Crédit photo : Denis Marois

Commentez!