Cette année, cela fait 10 ans que j’ai commencé à m’entraîner. Bon OK. Disons que ça fait 10 ans que j’ai été initiée à l’entraînement. Il y a eu des années beaucoup plus intenses, d’autres où c’était presque le néant et d’autres où je devais travailler ma flexibilité/ me décoincer le dos. Des années où la motivation était toujours là. Des années où j’allais au gym presque tous les jours au moins faire du cardio ou faire des poids une trentaine de minutes. Au cas où la journée suivante j’aurais un empêchement. Des fois où je m’étais déjà entraînée, mais que j’y retournais quelques heures plus tard parce que je n’avais rien de mieux à faire. Doper vous dites? J’adorais ça. Le tiraillement, l’exténuation, la sensation d’avoir accompli quelque chose de grand, d’avoir repoussé mes limites. Sans compter tous les effets physiologiques : un sommeil réparateur, plus d’énergie au quotidien, une plus belle peau, un sentiment de force dans mon corps qui me disait que je pouvais accomplir tout ce que je voulais! En plus de me trouver rayonnante!

L’automne dernier, j’ai déménagé dans mon village d’enfance. Je me suis inscrite au gym et j’ai haï ça pour mourir! Pas parce que le gym n’était pas bien(Excuse #1) ou n’avait pas des équipements à mon goût (Excuse #2) ou que le staff m’ignorait (Excuse #3). Au contraire, j’ai eu du super bon service. Le gym était propre et avait toutes les installations dont j’avais besoin. (Pas d’excuse)

Le problème et il est terriblement terrible, c’est que je croisais du monde que je connaissais. Ou qui me reconnaissait.(Excuse #4)

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais au gym je deviens un peu sauvage. Ce n’est pas un lieu de socialisation pour moi. J’enfonce mes écouteurs, je mets une chanson déchainée et je force! Sauf si mes écouteurs brisent, ou encore que mon lecteur manque de batterie. (Excuse #5 et #6)

D’ailleurs, je n’ai jamais compris ceux qui pouvaient passer son après-midi au gym à s’entraîner la bouche plus que les bras. (Excuse #7)

Mais là, pas moyen d’aller s’entraîner sans que quelqu’un me parle. (aucune exagération)

Meilleur exemple : je suis sur l’Escalateur. J’ai la broue dans le toupet, je suis rouge, je sue, je pue (un peu). Soudain, quelqu’un me tape sur l’épaule. J’enlève un de mes écouteurs tout en regardant le temps qu’il me reste à faire. Parce que dans un gym EN VILLE personne ne te connaît et les gens veulent juste savoir quand ils pourront eux aussi se brûler les cuisses, les fesses et les mollets.

Ben non toé! Monsieur X veut savoir je suis la petite fille de qui! Pardon? T’as rien de mieux à faire? Genre t’entraîner??!!

Évidemment, dans mon souffle haletant je lui réponds avec une grimace qui se veut un sourire. Je lui disqui sont mes grands-parents. Il me répond donc tu es la fille de XX et de XY? Ben oui! Bravo champion. Je peux remettre mes écouteurs maintenant?

Nonon, le voilà qui veut des nouvelles de toute ma famille. (Mais je ne sais même pas tu es qui!!) Bon OK, il s’est quand même présenté. Très jovial et poli Monsieur X. alors je peux bien lui accorder ces informations. Sauf que là, il continue à discuter! Ah! il ne comprend pas que je ne veux pas! Que je cherche mon air, que je suis occupée! Disons que je n’est pas fini mes paliers, j’ai manqué de souffle et de concentration avant.(Excuse #8) Je me suis donc retiré poliment vers un autre endroit du gym complètement et j’ai quitté. Je vous l’ai dit je suis sauvage au gym. Mais n’importe où ailleurs je suis très sociable! Je me suis dit que j’allais finir mes push-up et mes abdos à la maison. HAHAHA. (Excuse #9)

Le pire aussi c’est quand je fais des abdos. J’ai le gilet pris dans les plis de bedaines, j’ai les pantalons de yoga-que-je-n’ai-jamais-porter-pour-faire-du-yoga grimper jusqu’au nombril pour ne pas que le monde entier soit exposé à la vue sublime de ma raie. Évidemment mon pantalon relevé montre délicatement mes chevilles et mon début de mollet pas épilé.(Excuse #5) Donc je suis là, par terre, à la merci des éléments.J’ai la broue dans le toupet, je suis rouge, je sue, je pue (un peu) quand soudain lors d’une remontée je découvre quatre beaux gars. Quatre beaux gars tout en muscle que je connais et qui me connaissent aussi! NOOOOOOOONNNNNNNN. Horreur et damnation. Même si je n’allais pas là pour cruiser (rassure-toi chum) c’est quand même pas super hot pour l’ego. (Excuse #10)

Toutes ces excuses ont été utilisées au moins à quelques reprises. Voici pour conclure certaines excuses qui méritent une mention honorable :

-je viens de manger le plus gros et meilleur souper EVER. Juste de rester assise sur ma chaise et de ne pas rouler en bas c’est un exercice qui demande concentration et agilité.

-Je vais marcher du stationnement jusqu’à la Grande-Allée et danser ce soir anyway…

-Je me suis lavé les cheveux ce matin

-il neige et je n’ai pas de bons souliers de courses hivernales

-j’ai un peu le goût de péter (et je ne suis pas si sûre que ce soit juste ça)

Et le top des tops :

-je ne trouve pas mon cadenas.

Cette après-midi, j’ai failli choker ma première course de la saison. Pourquoi? Je ne trouvais plus mes écouteurs préférés. Non, mais! Je me suis vu aller et j’ai vu la paresse me cruiser. Je ne me suis pas laissé faire! J’ai fait ma farouche! J’étais un peu frue au début (pour des écouteurs qui tiennent moins bien!!!), mais une fois que je suis lancééééeeee, rien ne peut m’arrêter! Alors la glace est cassée, j’y retourner demain! À moins qu’il fasse trop chaud…

Et vous, c’est quoi votre excuse la plus bidon?