Il m’arrive dans la vie de frapper des murs à pleine vitesse. Des fois, c’est seulement des murets de pierres qui me font quelques bleus sur le cœur, mais il arrive aussi que ce soit de méchants gros murs en béton armé et alors, j’éclate en sanglot. À chaque fois que je réalise un face à face avec un mur, peu importe la dureté du choc, je me remets sérieusement en question. Je vis alors un certain moment de flou comme si je manquais d’air et que je devais absolument retrouver la surface de l’eau (à noter ici que je ne sais pas nager).

En début de semaine, dans le cadre de mon travail d’été, je devais suivre une formation obligatoire sur la situation de l’emploi et de la syndicalisation au Québec. L’accent de la formation était mis sur notre rôle de citoyen afin d’améliorer la situation économique de la province. Lors d’une discussion sur l’exode des jeunes en ville et la vitalité des régions, nous nous entendions tous sur la gravité de la situation. Pourtant, lors de la question de l’animateur à savoir si nous, jeunes étudiants universitaires, allions nous installer en région, il y a eu un silence dans la pièce.

J’ai frappé un mur !

J’ai eu honte de dire oui !

J’ai eu honte de dire que j’espérais, même en réalisant des études universitaires en sociologie, vivre en région. Pourtant, j’ai le dit ouvertement à mes amis, mais là, devant une salle d’inconnus, j’ai eu honte de le dire. Moi qui me décris toujours comme étant la fille super directe qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, j’ai été hypocrite.

Je suis désolée. 

J’ai passé toute ma jeunesse et mon adolescence à pester contre la campagne où je suis née. J’espérais alors voyager autour du monde et vivre dans une grosse ville plus tard, mais maintenant avec un peu de recul, je rêve d’une petite maison sur le bord de l’eau sans voisin et comme seuls bruits, celui des vagues ou des oiseaux.

Selon les préjugés de plusieurs, la région a tellement mauvaise presse et manque tellement de vie que j’ai eu honte de dire que je voulais retourner en région après mes études universitaires. Comme si, une fois la ville découverte, on ne pouvait pas envisager qu’une personne veuille par choix aller vivre à la campagne. Le gros problème, c’est qu’en ne le disant pas, je favorise le préjugé.

Alors à partir d’aujourd’hui, je fais une promesse : ne plus avoir honte d’aimer les régions, mais surtout de vouloir y vivre ! Y vivre pour le calme qui y règne, pour un environnement moins pollué, pour la proximité et la solidarité des gens qui y habitent, pour une alimentation pouvant être très locale, pour la multitude d’activités en plein air possibles, pour le fort sentiment d’appartenance à sa communauté qui y règne, etc.

Crédit photo : Denis Marois

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