Épisode II : La voiture rouge

Je me retrompe de sortie. Maudit Câlic. Il fait noir, la neige tombe maintenant et tombe comme dans Star Trek lorsqu’ils traversent l’univers plus vite. J’ai perdu mon peu de repères. J’appelle mes potes qui vivent dans une zone où très peu de cellulaires pognent. (Ah la vie en campagne!) Grâce à leur dons de voyances, ils réussissent à me donner des instructions utiles pour aller les rejoindre. Mes potes sont des vrais potes et ils vont venir me rejoindre à près d’une heure de route de leur maison pour finir le chemin avec moi. On se retrouve, accolades et baisers, rencontre du nouveau chum qui a accepté de conduire dans la tempête pour protéger sa petite femme et venir aider une inconnue (moi). Un bon jack comme on dit. Hilda de me dire, reste proche mais pas trop proche quand même. Bon, c’était en anglais, alors « Stay close but not too close». 10-4 Captain! Et là on repart pour vrai. Plus qu’une heure.

La tempête s’est intensifiée entre temps. Les sapins me semblent immenses et la route n’est vraiment pas déneigée (Ah la campagne!). Alors je les suis. Proche mais pas trop proche, close but not too close. Et c’est là que je l’aperçois. Dans les sapins immenses, un peu dans le ravin et un peu dans le vide, sur le top, la voiture de sport rouge. Frissons, panique. Regard sur mon cell, pas de réseaux. UN GROS X ROUGE. J’arrête ma voiture. Je dois reculer sur une centaine de pied (quand je vous dit que la route est pas déneigée!) Je perds Hilda et copain de vu. Je me dis qu’ils vont ben s’en rendre compte et qu’ils vont revenir. Je débarque de mon auto, le palpitant qui palpite en me répètant : «Faites que personne soit mort, faites que personne soit mort! F***, *UC*, ***K»

Traverse le ravin, de la neige jusqu’au genou. J’aurais dû attacher mes bottes comme il faut. Juste au moment de me pencher, pour regarder par la fenêtre éclatée, des phares au loin. YES! (Cerveau déjà en mode anglais) Je me redresse vivement, c’est une remorqueuse!? Suivi de la voiture de Hilda qui jure probablement car je lui ai fait la peur de sa vie. Oups! Je me repenche vers la fenêtre. Personne. OUF le soulagement! Je ressors à quatre pattes, de peine et de misère du ravin. Hilda, un peu fâchée, sort de sa voiture et me fait un câlin. Elle pensait que moi aussi j’avais fait une sortie de route. Il faut dire que lors de leur premier passage, la voiture y était déjà et elle était vide. Mais ils n’avaient pas penser à me le dire. Alors on repart et cette fois-ci on se rend jusqu’à sa chaude maison.

Fin du chapitre II