CHAPITRE I : Le Cap Breton

11h36, appel qui réveille : Chum me dit de partir plus tôt en ce joli dimanche ou rien ne presse plus que de prendre son temps. Romantique, il me dit « Je préfère ne pas te voir aujourd’hui que de ne plus te voir de ma vie ».

Onnnhhhh ou Awwww (pour les Anglos).

En bonne blonde amoureuse je lui dit «Bien sûr mon amour». On se revoit vendredi alors! (et oui je pars pour la semaine travailler).

Aujourd’hui, ce n’est pas un aujourd’hui ordinaire. Depuis près d’une semaine tous les médias (le mien inclut) nous promettent la tempête du siècle, une renaissance des nids de poules, un froid à vous engeler l’âme et de la saperlipopette de pluie-neige-slush tout droit descendu du ciel comme les anges dans nos campagnes. Ce faisant, chum veut garder sa blonde en santé alors il m’enjoint de partir tant qu’il fait jour. Ma madre aussi. Mon parrain aussi. Un peu plus et je croirais qu’ils se sont appelés et se sont passés le mot pour faire pression afin que je sois raisonnable. Pourtant raisonnable c’est mon deuxième prénom! (Not!)

Comme cette fois où j’ai décidé d’aller passer le temps des fêtes à St-John’s, Terre-Neuve. Quelle idée saugrenue! Un mois de congé d’école et me voilà disant à mes boss d’une voix apocalyptique: Vous me donnez mon congé où je vous donne ma démission! (Ben oui, je le sais, j’ai aucun respect YOLO).

Alors me voilà dans ma Soul vers un lieu tout à fait inconnu. Je traverse le Nouveau-Brunswick sans problème. Il fait beau, presque chaud et j’écoute le nouvel album de Foster The People (Torches). J’aime tellement l’album que durant les 16heures que ça m’a pris pour me rendre chez mes amis au Cap Breton, je l’ai écouté en boucle. Je peux vous dire que Pumped up Kicks je la connais!

J’arrive sur le Cape et tout change. Ce n’est plus le gros jaune qui m’accompagne mais bien la nOiRcEuR. Et pour être noir c’est Noir. Le vent s’était levé (Vous pouvez demander à quelqu’un près de vous de faire le bruit du vent lugubre et glacial pour vous mettre plus dans l’ambiance). Soudain, je «fesse queckchose». Probablement une branche. Une grosse câline de branche. J’arrête donc mon véhicule pour aller voir ce qui se passe avec mes roues. Il faut dire que cette fameuse branche m’a fait un peu paniquée car mon auto faisait plein de bruits nouveaux et ça m’a même fait rater la route sur laquelle je devais tourner. Alors il fait noir, vraiment noir, je suis seule, dans le bois, un bois qui est clairement rempli de loups et autres bestioles affamées et je suis un peu perdue en plus. MODE PANIQUE ACTIVÉ.

Merci à mon grand-papa de m’avoir donné une trousse de survie pour voiture faite maison qui contenait une lampe de poche! Alors je suis allée déloger la sapristi de branche de devant ma roue même si je sentais l’haleine fumante d’une bête monstrueuse dans mon cou.

De retour en vitesse éclair dans mon auto (ben oui, je m’étais juste faite un scénario, un de ceux qui te dit TA VIE EST EN DANGER!!!! TU VAS TE FAIRE ATTRAPER PAR LES FANTÔMES DES BOIS ET DÉVORER PAR DES OURS!!) Je repars le cœur pompant vers ma destination.

Fin du chapitre I