À toi, que je ne vois que quelques minutes par année, certaines années même, pas du tout. J’ai vu ton anniversaire passer « su mon Facebook ». Mettre en vedette un visage pour me rappeler les anniversaires des gens qui font partie de ma vie, c’est certainement un des uniques avantages de la machine bleue. J’ai voulu t’écrire un simple « Bonne fête, que la vie soit douce pour toi ». Demande moi pas pourquoi, cette fois, j’ai senti que ça ne suffisait pas.

Tu fais partie de mon histoire depuis ma naissance. On a baigné dans la même piscine coleco, tu m’as ignoré dans la cour de l’école Jacques-Buteux et je t’ai vu fumer en dessous des escaliers d’urgence de l’école secondaire. Toujours entourée de belles filles, je ne suis pas certaine que tu étais conscient de ce que tu dégageais réellement…

Quand j’ai vu ton sourire sur mon fil d’actualité, j’ai compris que tu étais un inconnu au visage familier. Je ne connais plus ton histoire et ce que tu vis quotidiennement. Je ne sais pas d’où tu arrives et où tu t’en va.

J’ai seulement l’impression que ta réalité n’est pas celle que tu as espéré. Que pour différentes raisons tu voudrais t’y arracher. Crier NON très fort et te sauver. Tu réussis parfois à t’évader, mais tu marches sur une mine et tout se met à exploser. Je me doute aussi que la 155 est difficile à traverser, et que les vieux chums finissent par te donner la nausée.

Quand tu en auras assez, débarque chez nous, on va jaser. On va parler de tes rêves, de tes ambitions et de tes questions. Je vais t’écouter, je peux même te donner de la vaisselle à casser si ça peut aider! Pour que tu cesses de vivre dans le passé, pour que tu commences à réellement exister.

T’sais desfois on veut construire avec du bois, mais on a juste du papier de construction. T’sais desfois ça goûte mauvais dans gueule et on sait plus trop pourquoi. T’sais desfois, tu rentres dans un « osti » de flou, mas t’es trop assommé pour te lever. T’sais desfois c’est trop abstrait la joie de vivre et tu te demande: « Coudonc, c’t’u moé qui est fou, ou ben j’ai pas le bonheur facile! »

Laisse pas la chienne te pogner. Enracine toi les pieds.T’es capable.

J’te jure, t’es capable.

 

 

 

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