L’avenir des milieux ruraux passe essentiellement par l’affirmation vigoureuse de l’utilité économique, sociale, culturelle et écologique de la campagne. Il passe aussi par le respect de leur spécificité. C’est dans ce contexte que se développe l’économie des terroirs, partie prenante du développement rural.

Sens et portée de l’économie des terroirs 

Dans un monde tourbillonnaire, la campagne projette l’image de la tranquillité, de l’authenticité, de l’harmonie. On aime la campagne. On s’y installe pour vivre et travailler; on y vient pour se détendre, et se recréer, pour pénétrer un autre univers, pour découvrir la différence, pour rencontrer des artisans, pour goûter et acheter des produits du terroir, pour s’émerveiller devant les beautés naturelles. Face aux dysfonctionnements de la grande ville, plusieurs perçoivent la campagne comme un havre de paix, comme une alternative de lieu de vie désormais enviable.

Ce regain d’intérêt pour la campagne doit être vu comme une chance pour plusieurs communautés rurales qui ont été entraînées dans un processus de dévitalisation au cours des dernières décennies. Il s’agit d’un mouvement porteur de forces susceptibles de réorienter et de réanimer des économies locales en dormance. Parmi ces forces, la quête d’authenticité, de produits de qualité, et d’environnements protégés est à l’origine de ce créneau spécifique qu’est l’économie des terroirs.

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’il y a un intérêt pour les produits identifiés à des lieux et à des pratiques traditionnelles auxquels on attribut d’emblée plusieurs mérites. Mais on assiste depuis un certain nombre d’années à une amplification de ce phénomène ce qui explique qu’il retienne l’attention dans une démarche de développement rural.

L’intérêt pour l’économie des terroirs dans une démarche de développement rural est multiple. Elle contribue à :

  • générer de l’activité économique et des emplois;
  • sauvegarder des savoirs et savoir-faire traditionnels;
  • stimuler la créativité et l’innovation ;
  • mettre en valeur et promouvoir des ressources locales;
  • offrir des produits de spécialité de qualité ;
  • consolider l’identité d’un lieu;
  • renforcer l’appartenance à un territoire;
  • accroître l’attractivité d’une microrégion ou d’une collectivité.

Mais son plus grand mérite tient sans doute au fait que la nature de ses opérations et l’esprit qui anime son développement souscrivent à des principes de respect de l’environnement tout autant que des résidents, de l’histoire et de la culture des lieux. Enfin, c’est la conception idéalisée et souhaitable que l’on se fait de l’économie des terroirs, une économie qui ne brade pas l’intégrité et la pérennité des ressources qu’elle exploite pour des espoirs de profits à court terme. Abuser de la ressource ou en faire mauvais usage c’est, à terme, hypothéquer le capital attractif de la communauté et compromettre ses perspectives de développement.

Le Québec fou de ses terroir

Depuis une vingtaine d’années on assiste à une véritable explosion des initiatives autour des thématiques saveurs, nature et culture à travers la campagne québécoise. Partout surgissent des projets qui mettent en valeur le potentiel agricole local mais aussi le patrimoine bâti, paysager et immatériel des communautés locales.

La passion, la créativité, la diversité et l’innovation sont à la source de ce foisonnement d’initiatives. Il y a aussi cet amour du travail bien fait, cette inspiration de l’esprit du lieu et une touche de romantisme qui confèrent authenticité, personnalité et attractivité à ces produits.

L’économie des terroirs se décline en plusieurs facettes dont celle des produits agroalimentaires offerts à la ferme ou dans des comptoirs spécialisés. L’intérêt des consommateurs à l’égard de ces produits est en croissance constante, stimulant la diversité et la qualité de l’offre. Révélateurs de cette popularité, plusieurs routes, circuits et parcours gourmands ont vu le jour à travers le Québec rural. Autant de fermes, de vignobles, de vergers à visiter, de producteurs et artisans à rencontrer, de boutiques du terroir à découvrir, de tables gourmandes où savourer un bon repas, de gîtes ou de petites auberges de charme où s’héberger… que des gens passionnés à rencontrer au détour d’une route tranquille de campagne ou d’un circuit à parcourir. Signalons notamment :

– Le Circuit du paysan

– Le Parcours gourmand (région de Québec)

– La Route des saveurs de Charlevoix

– La Gaspésie gourmande

– La Route des vins des Cantons-de-l’Est

– Les saveurs du Bas-Saint-Laurent

– La Route des fromages fins du Québec

– La Route des cidres (Montérégie)

– Le Tortillard gourmand (Lanaudière)

Et quinze autres circuits, chacun avec son site internet incluant carte de localisation, producteurs adhérents, sites de dégustation, lieux d’hébergement et de restauration, etc. Voir sur http://www.terroiretsaveurs.com/

Il est remarquable de constater que plusieurs des artisans producteurs et transformateurs qui composent ces circuits gourmands sont d’ex-citadins qui ont souvent exercé une profession très éloignée de la terre : avocats, infirmières, enseignants, designers, architectes, fonctionnaires, courtiers, menuisiers…

Je dois avouer que j’ai un faible pour les confitures et moutardes de Simon Turcotte, confiturier à Sainte-Marcelline dans Lanaudière. Vous trouverez ses produits à sa boutique et autres points de vente à travers le Québec, et sachez que ses divines confitures accompagnent les petits déjeuners au Ritz et autres tables gastronomiques. (http://www.simonturcotte.com/).

Merci à vous tous artisans et artisanes des terroirs qui perpétuez et inventez des saveurs et des savoir-faire tout en contribuant à l’occupation, à l’authenticité et à la vitalité du Québec rural.

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