Je voudrais voir le monde dans un grain de sable
Et le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans la paume de ma main
Et voir l’éternité dans l’heure qui vient.
– William Blake

La température des derniers jours (voir semaines!) a été très douteuse. Avec l’hiver qui n’en finissait pas de ne pas finir et l’été qui n’a jamais vraiment commencé, il y a de quoi avoir le moral à plat! Il y a bien eu quelques jours de beaux temps, mais la réalité rurale oblige: on a toujours une tonne de choses à faire.

À défaut d’avoir le temps de me rendre à la plage, j’ai emmené la plage à moi!… Enfin, en quelque sorte. Si on considère que des sacs de ciment sont un substitut efficace à du sable de plage. Et oui, je me suis lancé dans la « restauration » d’une partie de notre entrée de cour. Je sais, je sais, rien de bien palpitant jusqu’à présent! Mais mine de rien, quand on brasse du ciment, nos neurones ont le temps de faire quelques tours aussi… J’ai réalisé que notre cour avait été faite en plusieurs phases et que les années étaient gravées dans la pierre. La plus ancienne date de 1996, disons qu’une cure de rajeunissement n’est pas de trop!

En faisant cette constatation, j’ai réalisé que mon père était exactement au même endroit et faisait la même chose que moi, il y a 18 ans. Ça peut paraitre banal, mais quand tu n’as pas eu la chance de travailler avec ton père, ce lien éphémère t’interpelle d’une façon assez particulière.

J’ai alors pensé à la grange du rang 10 chez mon père. Au travers des vieux tracteurs, il y avait des traces de petits pieds à même le sol. Je ne me souviens pas exactement du moment où je les ai remarquées pour la première fois, mais je me souviens exactement de ce qui m’avait passé par l’esprit: j’allais trouver un ami avec qui jouer caché tout prêt. Quand mon père m’a finalement dit que c’était les pieds de mon frère Richard, je ne l’ai pas cru. Mon frère est aujourd’hui dans la quarantaine, mais je vous confirme que, même à l’époque, les pieds ne concordaient pas du tout!

Je crois que c’est la première fois que j’ai vraiment réalisé qu’un tas de choses change au fil du temps: y compris nous-mêmes. Par contre, et heureusement, il y a des perles qui demeurent intemporelles et qui permettent de se connecter avec la version 1.0 qu’on a été. C’est bien de voir tout le chemin qu’on a parcouru! Que ce soit la musique, les odeurs, une photo, un texte ou même, parfois, une emprunte dans le ciment…

Et vous, qu’aimeriez-vous laisser comme trace dans ce monde?

Crédit photo: © Depositphotos.com/lunamarina

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