Dans les rues du quartier, je cours pour me sauver, parce que la joie me soulève ou pour me défouler.

Courir pour me libérer.

Je prends les jambes à mon cou, je pourchasse mes fantômes, je les laisse entre deux arbres que réussisse à voltiger le printemps.

Je m’enfuis, pour que le temps arrive à temps, pour que le voyage soit d’argent.

Je parcours les kilomètres pour une nuit de paix, les jambes engourdies sous les draps, à sentir le bruit du vent.

Je cours, car j’aspire à un grand souci, à un sentiment qui me laisse ébahie.

Un pied devant l’autre j’avance comme dans ma vie, en butant les rochers d’une désillusion quasi affranchie.

Seule au monde avec des sons puissants au creux de l’oreille, je réfléchie pourquoi je me rachète sans cesse comme une abrutie.

Mes poumons me rejettent… comme le manque d’air manque de tendresse!

Me démener attachée à mes souliers, se communique la hargne d’une pensée.

Sprintant comme une déchainée, enfin délivrée par la douleur physique d’un processus déjà bien enclenché.

La course déjà ou enfin terminée, le souffle entrecoupé d’un apaisement un peu biaisé, je me tord les muscles pour arriver à recommencer.

Passion enflammée ou simple loisir d’entêté, la santé ne vous ai que prêtée, puissiez-vous donc en profiter!

 

Photo: FLICKR