1ère partie

Des évolutions qui relancent le développement des régions

Les bouleversements économiques et sociaux qui sont en cours bousculent les organisations et les façons de faire qui ont été élaborées et mises en place dans le contexte de la société industrielle. Alors que plusieurs secteurs de l’activité économique se dématérialisent –tant les produits que les modes de production–, une évolution appuyée par les progrès fulgurants des technologies de l’information et des communications (TIC), l’occupation du territoire prend de nouvelles tendances. Le peuplement et le tissu économique des grands centres urbains se desserrent au profit des régions et des territoires ruraux.

Le nombre croissant d’activités économiques n’ayant pas d’attache au territoire, dites « footloose », dont les opération reposent sur les bénéfices de la révolution numérique et les TIC, l’essor de nouvelles valeurs sociétales telle la quête d’une meilleure qualité de vie, et les revendications territoriales pour une plus grande autonomie en matière d’aménagement et de développement, portent les potentialités d’une déconcentration, voire d’un redéploiement du tissu économique et des populations. Ce contexte est de nature à procurer de réelles et durables opportunités de développement pour des territoires non métropolitains, villes petites et moyennes et villages.

Le choix d’une installation en région, dans une petite ville ou à la campagne, pour des familles, des travailleurs indépendants ou des entreprises –notamment dans les divers créneaux de l’économie du savoir– ne correspond pas à une mode éphémère du genre « retour à la terre » des années 70, mais à une tendance forte qui répond à de nouveaux paradigmes de développement.

Les défis du local et du régional

Si la mondialisation des marchés et l’éclatement des frontières représentent aujourd’hui la caractéristique fondamentale de la dynamique économique des nations, il n’en reste pas moins que c’est à l’échelon local et régional que se regroupent les conditions de la production et de la compétitivité, à savoir : la structure d’organisation de la production, la qualification de la main-d’œuvre, la maîtrise et la diffusion de l’innovation, la richesse culturelle et la soutenabilité écologique. Les métropoles demeurent le premier gisement de ces attributs, mais les villes régionales et les milieux ruraux deviennent désormais des alternatives viables et enviables pour un nombre croissant de personnes et d’entreprises.

Ainsi, dans la foulée des mutations d’ordre macroéconomique et macrosocial qui génèrent de nouvelles perspectives de développement pour les milieux non métropolitains, la balle revient dans le camp du local et du régional. L’enjeu consiste à créer des milieux qui soient à la fois porteurs d’initiatives de développement et capables de répondre aux nouvelles attentes des entrepreneurs, des travailleurs et de leurs familles que l’évolution économique et sociale affranchit progressivement de la contrainte de la concentration. Les petites villes et villages qui témoigneront d’une vitalité entrepreneuriale, sociale, culturelle et environnementale, notamment par une diversité et une qualité de services aux personnes et aux entreprises, constitueront des lieux convoités pour l’installation d’activités économiques et de nouvelles populations.

Pour les chercheurs, intervenants, élus locaux et responsables de programmes territoriaux, le défi que pose cette conjoncture est de deux ordres : i) déceler correctement les potentialités de développement régional générées par les bouleversements en cours, c’est-à-dire comprendre la métamorphose du présent et identifier les signes porteurs d’opportunités qui se dessinent; ii) mettre en œuvre des politiques et stratégies actualisées pour que les opportunités de développement soient saisies et concrétisées. Les changements profonds qui affectent toutes les sphères de la société et la rapidité avec laquelle ils s’opèrent, obligent à la prospective et à des interventions innovantes.

Les néoruraux, leurs besoins, leurs attentes

Dans ce processus de redéploiement vers les régions et les zones rurales, les néoruraux (familles, retraités, travailleurs, entrepreneurs…) sont des acteurs de premier plan et ils sont interpelés pour une implication tant sociale et culturelle qu’économique. Ils portent avec eux une part du dynamisme renouvelé des régions.

Mais, ces nouveaux occupants des petites villes, des villages et des rangs ont des besoins et des attentes. Leur choix de lieu d’installation répond à une logique. Ils iront là où ils perçoivent que sont réunies les conditions de réussite de leur projet. Ce qui se traduit en termes d’infrastructures, d’équipements, de services publics et privés, mais aussi de qualité du cadre de vie (naturel et bâti).

Dans cette perspective, la qualité de vie, l’accès à internet haut débit et à la téléphonie mobile pour le travail à distance, et l’intégration à la communauté locale sont des éléments forts de l’équation.

À suivre.