Je me demande si les autres peuples parlent autant de température que les Québécois. Saison après saison, je me surprends à pouvoir entamer une conversation sur ce thème sans trop de difficulté, moi qui ai toujours de la difficulté à trouver une phrase d’accroche avec une personne que je connais peu ou pas du tout! Parler de température, c’est rassurant et universel, un peu comme le « ça va? » dont on écoute à peine la réponse.

Quand vous habitez en Gaspésie (ou dans toute autre région dite « éloignée », j’imagine), on vous dira immanquablement, à chacune de vos visites : « Hiiii, il doit faire froid par chez vous ». Prenez un hiver rigoureux comme celui que nous venons de vivre et les gens s’imaginent que la Gaspésie s’apparente à la Sibérie (remarquez, je ne suis jamais allée en Sibérie et me suis peu renseignée sur le climat, je « préjuge » donc comme les gens à qui je fais référence le font sur la Gaspésie). Rectifions. La Gaspésie est située en bord de mer. Elle a donc un climat maritime tempéré, c’est-à-dire que les écarts de température y sont moins grands. Des -30 degrés au thermomètre, je ne sais même pas si c’est déjà arrivé sur le bord de mer gaspésien. Oui mais le ressenti?! Effectivement, quand les vents se lèvent, les bourrasques de l’Est sont mordantes.

Toutefois, je n’y ai que très rarement ressenti ce froid caractéristique et humide que Montréal propose aux piétons qui se pointent le nez une journée froide d’hiver. Vous imaginez très bien ce que je veux dire, non? Tsé… ce froid qui fait fi du manteau et du chandail de laine et qui vient vous mordre les os?

En été, il fait moins chaud en Gaspésie que dans les régions urbaines ou périphériques. On parle de moyennes saisonnières aux alentours des 22 degrés, alors qu’à titre indicatif, la même source d’information indique une moyenne de 25 degrés pour Montréal et de 23 degrés pour Québec. Personnellement, à l’approche de l’été en Montérégie, je tremble! Oh oui! On me parle de journées de grosse chaleur qui peuvent avoisiner les 35 degrés. Selon moi, une telle température n’est supportable que si on est dans l’eau toute la journée.

Vous comprendrez que je préfère les pointes de chaleur aux alentours de 28 ou 30 degrés de la Gaspésie (c’est encore mieux quand il fait 24 ou 25 degrés) et une petite brise de fond qui permet d’éviter de me coller les cuisses sur une chaise!

L’automne est selon moi une des plus belles saisons au Québec, peu importe où on se trouve. En Gaspésie, l’avantage est qu’il s’étire assez longtemps, le temps que cette grosse masse d’eau se refroidisse. La lumière y est d’ailleurs magnifique, bien que le soleil se couche un brin trop tôt.

La seule saison qui m’a fait grogner sur la péninsule, c’est le printemps! D’avril à juin, il faut quasiment éviter de sortir de la région… ou encore sortir pour les trois mois complets (rien de moins!) si on ne veut pas être découragé au retour. Après une virée à Montréal où se vivent les premières journées d’ouverture des terrasses, c’est terrible! Le côté Nord de la Gaspésie est plus rude que le côté Sud, tout comme le bord de mer est moins clément que les terres situées 500 mètres ou 1 km du bord de l’eau. C’est normal après tout, cette fameuse grosse masse d’eau qui reste chaude plus longtemps à l’automne prend aussi plus de temps à se réchauffer au printemps.

Ce qu’elle cause : température trop fraîche pour ce temps de l’année (surtout quand vous êtes Estrienne d’origine), brume et nécessité de conserver petite laine et manteau à proximité. Mais bon, il fallait bien un tout petit revers à cette carte postale, non?

Bon printemps… et bonne journée de la Terre!