Tous les jours, je combats littéralement pour me remettre au centre de ma vie. Comme vous le savez, j’ai un fils de 5 ans. Il a été grandement désiré et constitue la plus grande fierté que j’ai. J’ai cependant compris que je dois lutter chaque jour pour qu’il ne soit pas au centre de mon monde, jamais.

Pourquoi?

Premièrement, parce que c’est d’enseigner à son enfant que dans la vie adulte, nous ne sommes jamais au centre du monde de qui que ce soit. Leur avenir, ce n’est pas une balade à dos de licorne sur un arc-en-ciel multicolore en lichant des popsicles trois couleur. Loin de là, et vous le savez. Notre rôle en tant que parent, c’est de leur donner des outils pour évoluer, right? Alors, je dois me parler, beaucoup, pour ne pas l’enrouler dans du papier bulle pour éviter les blessures du gros méchant destin. Quand on me demande si mon fils ira à l’école en septembre, je réponds toujours en blague que non, je vais lui faire l’école à la maison. Parce que j’ai peur de le voir trop entrer dans le moule, ou au contraire de ne pas y « fitter » du tout. Pour ma part, j’ai l’impression que c’est maintenant, à l’aube de la trentaine, que je me fais « kicker out » de mon arc-en-ciel multicolore. Ma licorne m’a dit de marcher, mon popsicle a fondu en même temps que mes illusions. J’aimerais donc que mon fils soit conscient de la dure réalité progressivement, pour qu’ensemble on trouve des solutions pour y faire face ensemble. De cette manière, la chute sera moins abrupte, j’espère…

Je lutte aussi pour que mon fils ne soit pas le centre de mon monde, pour arriver à survivre, tout simplement. Parce que j’ai remarqué qu’avec la garde partagée, je respire moins bien en son absence… Juste parce que j’ai si peur de le perdre. Accepter de manquer la moitié de la vie de son enfant n’est pas chose facile. Mais il y a bien pire, et vous le savez aussi… Il y a quelques jours, un événement tragique m’a confrontée à cette question : S’il m’arrivait de perdre mon fils, qu’est-ce qui me retiendrait à la vie? Quand le mot « rien » m’a fouetté le corps, j’ai trouvé ça paniquant en maudit. Mais plus j’y pense, plus je sais que je trouverais la force à la longue.

On a tous une grande force au fond, suffit d’accepter de faire le ménage sur le fouillis au dessus pour la trouver.

Les événements qui ne nous tuent pas nous rendent plus forts? Pure « bullshit ». Ce qui nous rend plus forts, c’est de toucher le fond et refuser de se noyer. Ce qui nous rend plus forts, c’est de parler, écrire et parler encore. Pas de recette miracle, juste libéré ce qui fait mal en dedans, ce qui te lacère le creux du ventre. Être fort, ce n’est pas jouer au « tough », c’est oser brailler pour continuer.

La quête du centre de mon univers est bien intérieure, elle ne concerne personne.

Vous vous dites peut-être que je me trouve bien bonne avec mes théories, mais je sais très bien que je ne connais rien. Mais j’ose parler… et j’aime beaucoup vous parler. xxx

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