Par Josée Madéia

On est passé à la ferme, mon copain et moi, en revenant d’une rencontre avec le monde de l’assurance agricole au village. Avec le nouveau troupeau sur place et l’énorme camion de déménagement du proprio actuel (qui représente la cinquième génération de sa famille à habiter les lieux), y’a pas mal de choses qui se passe sur cette terre qui nous accueillera bientôt. J’étais heureuse d’avoir l’occasion de voir de mes propres yeux ce petit veau né y’a que’ques jours, et cette jersey, la vache laitière tant espérée de mon copain qui, ayant grandi à une ferme laitière, n’attendait que ça.

Ce qui m’a frappé aujourd’hui c’est à quel point à la ferme, la vie et la mort sont juste là, à te fixer droit dans les yeux, dans le cœur, en pleine face.

Ce tout petit veau prématuré, cette mère qui a eu tant de mal à se défaire de son placenta, ce deuxième veau qui ne parvient toujours pas à s’étirer les tendons et donc n’est pas en mesure de se nourrir de sa mère. Et en même temps, ces vaches qui vêlent, qui accouchent de petits mammifères tout construits, tout prêt à se lever, à se faire lécher, à boire. C’est incroyable et effrayant.

J’ai un nouveau respect pour celles et ceux qui vivent avec ces épouvantables extrêmes de naissances et de morts à chaque jour, chaque saison.