Par Jessy Laflamme

On ne sait jamais ce qui peut nous arriver. La semaine dernière, une femme vivait sa première journée de retraite. Le même jour, une autre femme mourait, emportée par le cancer.

Ces deux femmes, je les connais. Elles sont les mères de mes meilleures amies. Pour l’une de mes copines, ça signifiait la possibilité de passer plus de temps avec celle qui l’a mise au monde. C’est aussi un soulagement pour toutes les fois où elle travaille et n’a pas de gardienne pour ses trois petits monstres adorés.

Pour mon autre amie, c’est la fin d’une époque. Il y aura dorénavant un avant et un après ce jour. Pour sa petite de deux ans, c’est le moment d’expliquer qu’une nouvelle étoile danse avec la lune.

C’est la première mère qui décède dans mon cercle d’amies d’enfance. C’est un choc. On savait que ça allait arriver puisque le diagnostic est tombé l’an dernier : cancer! Cette maudite maladie qui change tellement de vie.

Ma mère aussi a vécu un cancer du sein. Elle s’en est sortie. J’en remercie aujourd’hui le ciel.

Depuis une semaine, on attendait l’appel. L’appel qui nous dirait que c’était fini. Notre amie nous avait téléphoné une semaine avant pour nous apprendre que sa mère ne sortirait plus de l’hôpital. C’était une question de jours et donc le début d’une série d’aller-retour vers la ville pour mon amie et le constat que ses enfants ne reverront plus jamais leur grand-mère. Ouch!

J’ai reçu la nouvelle finalement de la bouche de ma mère. Je dînais avec elle lorsqu’une ancienne collègue l’a téléphonée pour l’avertir de la triste nouvelle.  Elle s’est mise à pleurer en me serrant dans ses bras. Puis, elle m’a laissé texter ma chum, m’incitant même fortement à le faire.

Je n’avais à ce moment qu’une envie. Me retrouver seule avec mes émotions. J’ai pleuré un coup cet après-midi-là. Les larmes jaillissaient pour cette mère et grand-mère qui est partie trop tôt.  Pour mon amie qui doit traverser cette épreuve si injuste, puisque sa mère faisait vraiment attention à sa santé. Pour mon impuissance à ne pas savoir quoi faire pour l’aider et la soutenir. Et évidemment, pour ma mère qui est toujours là, et qui m’a donné de belles valeurs, dont celle de l’amitié.

Vous ne pouvez pas savoir à quel point ce soir-là, j’avais envie de prendre mon amie dans mes bras pour la consoler. Et vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai envie là tout de suite de dire : je t’aime maman!

 

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