On aurait pu s’en servir pour écrire une téléréalité. Le constat était flagrant; oui, il fallait rénover notre nouvelle maison

Plancher à restorer !

Plancher à restaurer !
Les fenêtres avaient déjà été changées à l’époque…

Nous avions eu les clés de la maison la veille du déménagement, de soir et étions allés faire un tour avant le lendemain pour inspecter; il faisait froid, le chauffage électrique avait été fermé. Après 10 ans, dans un bungalow bien entouré, en banlieue, se retrouver dans une maison vide que nous connaissions à peine, loin de la rue, au beau milieu de champs enneigés, c’était un peu surréaliste et stressant. D’autant plus que vide, comme ça, ses défauts étaient à nu et nous sautaient aux yeux. La saleté des lieux nous répugnait. C’était bel et bien le début de l’aventure. Le véritable point 0, où tout n’est plus sur papier, mais réel. Malgré la préparation, ça donne toujours un choc !

Je me souviendrai toujours du visage et des mots de la parenté qui étaient venus nous aider à déménager le lendemain pendant que j’aidais avec un autre groupe à nettoyer; la figure blême, on nous demandait timidement pourquoi nous avions choisi cette maison qui avait besoin d’autant de rénovations. Le tout en plus des nombreux autres défis qui nous attendaient avec notre nouvelle entreprise et notre vie de famille (j’étais pour accoucher de notre première fille 4 mois plus tard !)…

Comment leur expliquer que nous avions choisi la plus belle offerte et en condition sur plus de 30 à 40 maisons visitées ?! Après plus de 6 mois de visites intenses, nous savions très bien que nous n’emménagerions pas dans une maison neuve ou rénovée. De toute façon, le but ultime était d’y avoir une terre. Et cette maison est celle que nous avions trouvé la plus abordable, qui respectait nos balises de départ, tout en nous laissant un peu plus le loisir d’y corriger les défauts !

Les premières journées ont été telles que nous les avions imaginées; nous étions comme en camping et pour un bon bout de temps. Malgré le chauffage électrique au maximum, la maison ne se réchauffait pas. Nous n’avions aucunement l’intention de chauffer au bois (qui n’était de toute façon pas conforme), alors nous avions testé comme il faut le système électrique. La porte d’entrée principale se cadrait dans un jour de quelques centimètres et le froid de mars de cette année-là nous laissait imaginer ce qu’aurait eu l’air février… C’était prévu bien entendu dans nos plans de changer toutes les portes et les fenêtres, qui elles, de toute façon, ne s’ouvraient plus, scellées au calfeutrant… Restait à endurer la température fraîche de la maison et le «tape à boîte» qui nous servait de coupe-froid !

Deux jours à peine après notre arrivée; plus d’eau ! La pompe à eau avait rendu l’âme. C’était prévu de la changer, mais pas si vite ! Privés d’eau, il a fallu se débrouiller pendant 2 jours pour les besoins essentiels… et c’est là que j’ai compris que chaque fois qu’on était pour manquer d’électricité, nous étions pour être à court d’eau également… ça fait un drôle de constat quand on a toujours connu l’eau «de la ville» !

Le nombre de défauts d'un seul haut de garde-robe avant notre arrivée...

Le nombre de défauts d’un seul haut de garde-robe avant notre arrivée…

Les trous béants dans les murs de plâtres, coupés ou poinçonnés par un coup qu’on devine enragé, additionnés au plâtre négligemment ajouté à d’autres, sans aucun soin ni technique, nous laissaient beaucoup plus que de la peinture à faire! Les finitions avaient été bâclées dans la plupart des pièces et les murs étaient à moitié peinturés. Une moulure sur deux était aussi absente et les vitres des portes françaises fracassées. Gypse et plâtre étaient pour devenir nos meilleurs amis dans ces rénovations… je vous jure qu’on s’améliore avec le temps! 😉

Et puis, puisque l’inspecteur que nous avions engagé pour évaluer la maison avait trouvé des fils vivants dénudés au sous-sol, aussi bien faire venir un électricien pour inspecter notre nouvelle maison; brûlée elle n’abriterait plus personne !
Des problèmes électriques, on en a trouvé dans toute la maison, à commencer par l’électricité qui ne se rendait même pas à l’étage ! On a donc dû couper de nouvelles portions du gypse des murs un peu partout !

Système électrique

Le coeur du système électrique à notre arrivée… Trouvez le fil qui monte au 2e étage et gagnez un prix ! 😉

Dans l’attente pendant des mois et des mois, les meubles transitoirement placés (nous savions qu’ils étaient pour être déplacés plusieurs fois) et une majorité de boîtes encore fermées (à quoi bon dans les circonstances !), je passais une partie de mes journées à prévoir les rénovations et les matériaux… Toutes les pièces étaient pour y passer, mais on ne pouvait présumer quand !

Nous sommes presque passés par toutes les pièces pour au moins le plâtre, la peinture et les finitions inachevées. Les planchers ont tous été remis en conditions ou changés sur les deux étages. Les portes et fenêtres changées. La toiture qui coulait a été réparée. La salle de bain rénovée en entier. Les dangerosités de la maison ont été colmatées jusqu’au sous-sol; électricité, rampes… etc. Pompe à eau et chauffe-eau.

La charge de travail de la première année a été impressionnante ! Et dans tout ça, il a fallu préparer l’arrivée de nos animaux par l’installation des hautes clôtures et d’un lieu transitoire pour les accueillir en attendant les abris officiels. Le pire dans l’histoire, je crois, c’est de savoir qu’après avoir fait tout ça, la maison aurait encore besoin de soins, même si c’est relativement moins urgent !

Mais après tout ça, quel plaisir d’entendre; «J’avais des doutes quand je vous ai vu emménager ici, je ne voyais pas ce que vous étiez pour faire avec cette maison-là… mais honnêtement, je suis surpris ! C’est vraiment beau chez vous ! » 🙂

cuisine rénovée

La salle à manger terminée, fenêtres et porte changée, plancher frais vernis et repeinturée… 🙂