Par Jessy Laflamme

C’est connu, il manque de logements en milieu rural. En tant que propriétaire, je peux facilement comprendre la raison. Disons que m’embarquer dans cette aventure n’a pas été ma meilleure expérience.

Actuellement, je me fais carrément squatter ma maison. En plus, je suis allée en cour à la Régie du logement et j’ai gagné. Le locataire devrait être sorti depuis quelques semaines. Mais, il reste là.

Pour le sortir, je dois payer environ 100 $ pour un avis d’exécution puis le donner à un huissier qui me demande 2000 $ de dépôt pour procéder à l’expulsion. Le gars me devait déjà 1200 $ au début décembre. Est-ce que vous pensez que j’ai les moyens en plus de payer encore 2000 $ pour lui ? Et surtout, est-ce que ça me tente d’investir un sou dans cette histoire qui ne me rapportera plus rien, puisque le gars ne travaille plus et n’a aucune source de revenus.

Je vais faire l’expérience avec ma banque. Je vais arrêter mes paiements. Je ne pense pas qu’elle ait la même patience. Mais bon, c’est un autre concept…

La morale de cette histoire reste qu’au Québec, il est possible de squatter tranquillement une maison sans avoir de problème.

En plus, ce n’est pas ma première mésaventure. Mes premiers locataires étaient un couple. Au début, tout allait super bien. Puis, les excuses ont commencé.

La compagnie a coupé mes heures, il y a une erreur sur ma paie, etc. J’ai fait preuve d’empathie, mais après un certain temps, ma patience a disparu. Pour la première fois, j’ai fait appel à la Régie.

On s’est retrouvé en cour. Puisque les locataires n’étaient pas là pour se défendre, j’ai gagné ma cause. En plus, ils avaient déjà quitté le logement.

Je pouvais donc passer à autre chose. Soulagée, j’ai quitté le bâtiment du Palais de justice où sont les bureaux de la Régie avec mon conjoint et mon père qui a agi à titre de témoin dans l’histoire. Hé oui, il faut prouver au juge que nous avons montré aux locataires que nous avons procédé à une demande de résiliation du bail. J’ai juste ça à faire courir après du monde qui ne me paie pas…

En sortant, on a croisé les locataires qui étaient en voiture. Ils se sont garés à côté de nous. «C’est où la rencontre ? », ont-ils demandé. Mon conjoint a répondu de façon désinvolte avant de traverser la rue : «Trop tard, nous avons gagné. C’est comme tes paiements, tu étais en retard»

La locataire frustrée a ouvert la portière pour poursuivre mon homme. Elle l’a frappé en plein devant le Palais de justice. Je me vois encore avec mon père sur le coin de la rue à regarder cette scène et à dire : «Elle le frappe, elle le frappe!»

Mon chum, qui est resté calme, lui a simplement dit : «Qu’est-ce que tu fais là, il y a des policiers à côté?» Ces mots ont calmé son élan.

Sur ce, je vous le dis, c’est une belle aventure au Québec être propriétaire…