« J’ai connu un Jésus magané. Cheveux longs, yeux clairs, avec un grand corps droit comme une épinette dans le vent. Avec des gestes pleins de grisaille, même tout jeune; moins de rires plus de réflexion, moins de jeux plus de rage tranquille.

Pour s’oublier l’existence ya essayé des affaires pas claires. Mais d’mander de l’aide ça dérange. Pis un jour, y s’est peut-être fait dire de pas trop déranger, pis ça l’a tourmenté.

Fak un jour c’tait assez. Ya levé l’drapeau blanc un point c’est toute. Y’ est parti respirer l’odeur d’une grande forêt qu’y’ avait jamais vue. L’beau Jésus, y’ est r’ tourné en haut, parce qu’y’ avait l’impression d’avoir manqué sa shot en bas.

On comprend ben comment y’ avait mal. On comprend ben comment y’ en pouvait juste pu. Mais même à ça, on continue de s’demander comment on aurait pu faire plus, ou mieux.

Parce que, sti qu’on aurait toute faite pour le garder proche. »

C’est invivable d’être profondément déçu par la vie.

C’est invivable de ne pas voir d’issue.

C’est invivable de souffrir un peu plus chaque seconde.

C’est invivable de se sentir tout seul dans son bateau.

Le suicide est un sujet encore tabou, mais ça arrive dans toutes les bonnes familles.

Plus on joue à l’autruche, plus on tue des gens en continuant de nourrir les préjugés.

Plus on en parle, plus on aura la capacité de dire à nos proches qu’ils sont importants.

Vraiment important.

Profitons de la Semaine nationale de prévention du suicide pour ouvrir notre conscience et arriver à faire une différence dans nos collectivités respectives. Parce que c’est seulement ensemble, que nous arriverons à trouver des solutions pour éviter les grandes détresses psychologiques.