« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez plus à travailler un seul jour de votre vie! »

C’est bien beau tout ça mon cher Confusius, mais dans la vraie vie, ce n’est pas toujours si évident. En ce retour des  fêtes, de nombreuses personnes de mon entourage ont un petit cafard à retourner à leurs tâches professionnelles. Ils se demandent si c’est vraiment leur voie, s’ils sont faits pour ce travail et s’ils veulent le faire toute leur vie. Parce qu’à 30 ans, la retraite est loin… Surtout dans une société où le fameux « Liberté 55 » n’est plus.

Je sens que la majorité des gens de ma génération sont un peu perdus. Nos parents nous ont fait voir un monde de possibilités, nous ont fait croire que tout était possible : Sky’s the limit! Parce qu’eux, ils ne l’ont pas eu ce choix. Toutefois, avoir des parents qui nous donnent le sens de la liberté, ça fait des enfants réactionnaires qui ne pensent qu’à se marier et à faire des bébés! Je crois que l’équilibre est difficile à trouver, alors on a tendance à aller dans un sens ou dans l’autre, sans jamais vraiment savoir s’arrêter. On manque de direction, parce que, qu’on se le dise : trop de choix, c’est comme pas assez. On veut tout obtenir en même temps, alors il faut être habile en maudit pour s’orienter avec ce privilège.

En tant que femme, on a aussi la pression de ne pas perdre les acquis que nos grands-mères et nos mères ont obtenus. Elles ont brisé les conventions, se sont affranchies du rôle de mère pour devenir des femmes à part entière. Maintenant on fait quoi nous?

À 5 ans, alors qu’on est en âge de poser des questions, on nous demande déjà ce qu’on veut faire quand on sera grand. Bien sûr, il y a quelques exceptions qui veulent devenir médecin, avocat ou infirmière, et qui travaillent toute leur vie pour l’obtention de leur rêve. Mais dans ce cas, est-ce bien leur rêve à eux? Pour ma part, ma mère a gardé un petit cahier où elle notait les réponses que je lui donnais quand on me demandait ce que je voulais faire comme travail. D’hôtesse de l’air à actrice, en passant par policière ou auteure, mes idées n’ont jamais été singulières! Mais un jour ou l’autre, c’est l’heure des choix, certains se trompent, d’autres continuent, car elles ont la pression de l’investissement, mais au final qui se rend vraiment où il pensait aller?

On fait des erreurs, on en bave, on se relève et on repart dans le sens contraire. Parfois c’est notre propre cœur qui nous fait une jambette. On se désorganise, on a besoin d’un arrêt pour enlever la boue qu’on a reçue au visage en tombant. C’est là qu’on doit trouver des mentors, des gens de confiance qui seront capables de voir nos compétences au-delà de tout et qui nous donneront la main pour se relever. Parce que les petits milieux ruraux n’ont pas que des avantages pour l’avancement professionnel, on doit aussi vivre avec le fait que l’humain mélange trop souvent le personnel et le professionnel. C’est là qu’on doit s’entourer d’humanité.

Avec le temps, on apprend aussi à fermer sa gueule et à écouter. Écouter ceux qui nous parlent au mieux de leur expérience, car c’est eux qui nous permettent d’avoir la maturité de nous poser les bonnes questions. J’espère donc que comme moi, vous avez des mentors dans vos régions respectives. Des gens qui en ont vu d’autres, qui auront votre réussite à cœur et qui mettront de l’ordre dans vos idées. On a tous besoin d’un coach pour faire de grandes choses.