Aujourd’hui, je fais un prof Bernard Vachon de moi-même. Je vous parle de la nouvelle Politique nationale de la ruralité.

Lundi dernier, avait lieu à l’Hôtel de Ville de Senneterre une conférence de presse de grande envergure. Madame Élizabeth Larouche, monsieur François Gendron et monsieur Gaétan Lelièvre, trois ministres du gouvernement péquiste, s’étaient rendus dans ma petite ville pour annoncer une pluie de millions pour les ruraux. En renouvelant ainsi la Politique nationale de la Ruralité, notre bon gouvernement assure les villes et villages dits éloignés d’un coup de main économique pour les dix prochaines années. Fantastique.

Mais pas tant qu’ça.

J’applaudissais, comme tout le monde, mais une partie de moi se disait qu’il y avait beaucoup de gaspillage là-dedans. Et une autre partie de moi se disait : «Comment ça, trois ministres péquistes, trois discours, pis pas un maudit mot sur l’indépendance?». Mais ça, c’est une autre débat…

Beaucoup de gaspillage, disais-je, parce qu’il y a beaucoup trop de villes au Québec. Vous vous souvenez, il y a un an ou deux, pendant chaque bulletin de nouvelles TVA, on voyait un meter indiquant la dette québécoise? Si vous vous en souvenez comme moi, vous deveniez étourdis tellement il tournait vite. Bien sûr, il y a la corruption, les extras dans la construction, les primes de départ des élus… Mais il y a aussi beaucoup, beaucoup de gaspillage parce que les gouvernements passés et présent, libéraux et péquistes, n’ont pas eu le courage politique de finir la job des fusions municipales.

Il y a environ 1100 municipalités au Québec et environ 8 000 000 de Québécois. Ça fait environ 7 000 habitants par municipalité. Aucun sens. Prenons par exemple les pittoresques municipalités abitibiennes de La Morandière (271 hab.), Champneuf (151 hab.) et Rochebaucourt (161 hab.). Ces trois villes ont chacune leur administration municipale et les infrastructures qui viennent avec. Donc, pour 583 habitants, ils, vous, moi, nous payons 3 hôtels de ville, 3 maires, 18 conseillers, des secrétaires, des DG, etc. Et en plus, la PNR que nous applaudissions tous lundi passé rendra possible, pour tous les villages du Québec, la construction de salles communautaire, de parcs, de jeux d’eau, d’arénas, et j’en passe.

À un moment donné, c’est ben beau la ruralité, mais il va falloir se rendre à l’évidence : on est cassés comme des clous. Et la ruralité, c’est aussi de se serrer les coudes et de se regrouper pour pouvoir continuer d’avancer.

Ça me donne presque envie de dire : vivement un gouvernement majoritaire qui n’aura pas à se soucier de son capital politique et qui osera donc mettre fin à tous ces non-sens qui siphonnent les fonds publics. Pis nous parler un peu d’indépendance sur le side aussi, tant qu’à y être.

Vive la ruralité mais, surtout, vive le gros bon sens.