Comme vous le savez peut-être, j’habite dans une ville qu’on dit éloignée.  Quelques centaines de kilomètres me séparent des centres urbains. Je suis loin du trafic et de tout ce qui est franchement stressant. J’ai des voisins gentils, qui voient à ma sécurité de fille qui s’arrange toute seule et qui passe ma tondeuse parce qu’ils me savent occupée. En plus, pas de gros building qui bloque un couchée de soleil, ni de bruit intense, juste des montagnes tout autours.

Mais même si certains disent que j’habite en plein bois, parfois, j’me gère plus! C’est là que j’ai un besoin urgent d’être dans une forêt. Une forêt densément pleine, de rien qui a l’air humain.

Dans ce temps là, je n’ai pas besoin de grand chose : une roche pour m’écraser et un bout de bois pour « gosser ». Parce que desfois, la seule chose que je veux entendre, c’est mon cœur qui bat. Juste pour voir s’il bat encore égal ou s’il est devenu comme le reste… La seule présence que j’endure, c’est le vent. Mais même à ça, je trouve le moyen de me chicaner avec.

Les bottes pleines de boue, j’ai besoin de savoir qu’en plus d’être citoyenne d’une société, je suis un mammifère complexe dans un monde qui l’est tout autant. Parce qu’avouez-le, c’est fatiguant être sociable et aimable, dans un monde où on voudrait ajouter un peu de courtoisie! Je le trouve bien gentil mon voisin, mais parfois, je n’ai juste pas envie de lui parler. Je le trouve mignon l’enfant qui me fais des belles grimaces à l’épicerie, mais parfois, je n’ai juste pas envie de rire avec lui. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas malheureuse ni déprimée, juste parfois fatiguée des « sparages » que l’on doit faire pour vivre en société. Mon visage a le goût de ne pas avoir d’air, mais d’en respirer à pleine pore. Mon sourire à envie de n’être remarqué par personne et mon bonheur veut demeurer privé.

Un jour, je vous le dit, j’habiterai un petit « shack ». Une place juste pour m’aider à me gérer la commissure des lèvres qui n’a pas le goût de remonter,  pour dire « bonjour » aux gens que je croise. Un  « shack » qui sent le bois, le bien-être et l’attisée. Un bouton pause loin de tout, qui me protège par la hauteur des arbres autour. Un endroit où la nuit, le seul bruit c’est le « crac crac » du poêle à bois et le ronflement tranquille d’un petit bonhomme de presque 5 ans. Un endroit où les invitées sont réellement invitées et où le silence est confortable pour tout le monde. Ma petite princesse a aussi le rêve qu’un autre cœur se synchronise le projet avec le mien. Parce qu’un plan commun, avec du chocolat et du Folgers dans l’armoire, c’est encore plus doux.

« Celui qui aura bien compris le sens du mot assez aura toujours suffisamment » Lao Tseu

 

Photo: Site « Bonjour Québec »