Par Marianne Lavoie

Avez-vous fait une bonne action aujourd’hui?

Je vous demande ça parce que j’en ai une à vous suggérer, au cas où ce ne serait pas encore fait!

On dit souvent que tout le monde se connaît « en campagne ». C’est vrai jusqu’à un certain point. Contrairement à une certaine époque, les membres d’une même famille n’habitent plus tous dans le même rang. Je sais que ça existe encore mais dans « le bon vieux temps », les plus aventureux déménageaient deux villages plus loin! On n’en est plus là… En 2014 (même avant ça, c’est vrai), enfants et parents n’habitent pas toujours dans la même région. Ça arrivera de plus en plus souvent. Il y a aussi des gens qui avaient choisi de partir vivre en ville et qui ont décidé de revenir aux sources pour leur retraite. Tout ça pour dire que parfois, votre voisin, il est plus seul qu’il n’en a l’air.

Un des aspects que je trouve intéressant du monde rural, c’est qu’avec la proximité, l’esprit d’entraide y est encore présent. Reste que, comme on vit à 100 miles à l’heure, qu’on est débordé par notre propres affaires, on a moins de temps pour le reste…pour les autres.

Ça m’interpelle parce que je travaille auprès de personnes aînées. Je ne vous ferai pas part de ma description de tâches mais l’autre jour, je me suis questionnée à savoir ce que je répondrais à quelqu’un qui me le demanderait. Cette fois-là, je me suis surprise par ma propre réponse. J’aurais dit, bien candidement : « Je tricote. »

Hein?

Bien oui! Je « tricote », non pas pour créer des bas, un foulard ou un chandail, mais pour créer un lien. Un lien de confiance auprès de personnes aînées qui veulent demeurer dans leur maison même si ça devient difficile. Je tricote auprès de gens qui craignent de se faire « placer » contre leur gré s’ils m’ouvrent la porte. Je tricote aussi pour qu’ils acceptent de recevoir de l’aide et la présence d’organismes auprès d’eux. Je fais des détours, je reprends des mailles, pour pouvoir interpeller leurs proches et leur milieu afin qu’ils les aident. Je pourrais m’attarder sur le sujet mais je vais conclure en vous demandant ceci :

Si vous voyez une personne seule et que ça vous préoccupe: allez lui parler. Si après cela vous êtes toujours inquiets, je vous invite à le faire savoir à votre CLSC ou à un organisme qui œuvre auprès des personnes aînées. Votre bonne action du jour sera faite, quitte à passer pour un petit « senteux ».

Et si tout est OK, tant mieux! Vous aurez appris à connaître un peu plus une personne de votre voisinage!