C’est le 89e Noël de ma grand-mère maternelle cette année…

J’ai eu la chance de vivre à proximité d’elle depuis ma naissance et nous avons développé une relation privilégiée. Quand je parle d’elle, je la nomme affectueusement  »Nanie ». Je crois que nous sommes proches car je lui pose les vraies questions et elle en éprouve un genre de soulagement. Nanie a vécu ces années où une femme n’était qu’une femme. À cette époque où la parole était futile, et où le vécu se transformait en frustrations de cœur bien cimenté.

Un jour elle m’a dit, au tournant d’une conversation vive d’émotions,  » si le pardon ne vient pas, attend que l’oublie arrive ». Toutefois, je vous assure que sa mémoire n’a aucune faille, même aujourd’hui. Ses beaux yeux bleus profonds ont une tristesse et une lassitude qui fait penser à une rancœur qui fait durcir le cœur. Les sentiments qu’elle s’oblige à enfouir brouillent son regard quand je la serre dans mes bras. Elle n’a jamais eu les outils pour passer à autre chose, elle a seulement eu le courage de continuer de se battre contre ses démons. Pour son 89e Noël, elle me disait qu’elle s’excusait de ne plus signer ses cartes de Noël. J’ai l’impression qu’elle tente de disparaître un peu plus chaque année.

Nous ne sommes plus à l’époque de ma grand-mère et les choses ont bien changé depuis. Du coup, nous vivons à l’ère des familles éclatées où les enfants ont plusieurs Noëls. Au lieu de regretter le  « parfait » de nos familles modèles. Tentons de faire vivre la modernité d’une tradition nouvelle et de constater que malgré tout, nous pouvons vivre avec.

Je sais. C’est plus facile à dire qu’à faire.

En ce temps des fêtes qui débutent, je nous souhaite donc de cesser de vivre dans le passé et de laisser « hier » où il doit être. Profitons des prochains jours pour constater le bonheur qui nous attend si nous nous tournons vers l’avenir, avec nos enfants, notre famille et nos amis.

Je vous souhaite un Réel, « Joyeux Noël ».