Changer de région, ça veut aussi dire avoir un grand bout de chemin à faire pendant le temps des Fêtes. C’est le temps de l’année où les « exilés » qui ont choisi les régions dites éloignées n’ont pas le temps de prendre conscience que les vacances sont amorcées qu’ils sont déjà à faire les bagages pour profiter du long congé en famille. Cette année, j’observe cette situation de loin puisque, pour ma part, j’aurai à peine 2 heures de route à faire cette année pour retrouver ma famille, pas de quoi en faire tout un plat! Je reçois toutefois les messages des amis qui, eux, comme chaque année, se ramènent avec enfants et bagages pour retrouver leur famille et qui font des contorsions pour voir tout leur monde, du genre :

De passage du 23 décembre au 3 janvier, nous avons du temps pour vous voir avant le 24 décembre ou entre le 26 et le 30, sauf le 27, ou encore, il y a le 2 janvier…

J’ai même vu débarquer hier après-midi, directement de St-Elzéar-de-Bonaventure, le beau-frère avec sa blonde et les 3 enfants. Ils font la route en deux jours pour rendre le tout tolérable avec leur ribambelle excitée de retrouver les cousins… et la perspective de déballer des millions de cadeaux (qui constitueront bien entendu un défi de paquetage à la fin du périple, pour la route du retour)!

La particularité avec le retour pendant les Fêtes en comparaison aux virées à un autre moment de l’année, c’est que le ratio de rencontres familiales est plus élevé que le ratio amical. Et avec la famille, on a droit à des questions plus ou moins semblables qui reviennent immanquablement chaque année :

Remarque de « mon’oncle » par excellence :

– Il doit y avoir de la neige hein chez-vous?! Les chemins sont-ils déneigés? hahaha!

… et matante :

– Pis toi, t’aimes toujours ça en Gaspésie? Et les enfants, c’est pour quand? (Bon, ok, j’admets, cette question n’est pas propre aux gens qui arrivent de loin!)

Il ne faut pas leur en vouloir pour les questions en boucle, nous les voyons après tout une fois par année et, contrairement aux amis, la plupart d’entre eux ne sont jamais venus nous visiter dans notre « chez-nous éloigné ». Ils se demandent donc tous VRAIMENT ce qu’on fait en hiver!

J’ai essayé différentes formules de temps des Fêtes au fil des ans : être là all the way avec un horaire rivalisant avec un agenda de ministre en période pré-électorale, pas de présence du tout, présence à moitié ou encore inviter la famille rapprochée en Gaspésie… d’ailleurs, cette formule a été très intéressante : nous sommes allés couper le sapin de Noël directement sur mon terrain et avons célébré le 25 décembre chez ma chère voisine, en compagnie de tous les « exilés » qui avaient décidé, cette année-là, de rester chez eux pour les Fêtes. Mais bon, pour les familles reconstituées, ça pose un peu plus problème l’option « recevoir la famille rapprochée en Gaspésie »!

Quoi qu’il en soit, cette année, j’éprouve beaucoup de compassion pour mes amis qui amorcent un marathon de route et de réunions familiales, dans un sens ou dans l’autre… parce que certains d’entre vous auriez sûrement l’histoire inverse à raconter : celle de votre visite dans votre région d’origine, que ce soit en Gaspésie, en Abitibi ou au Saguenay (une chance que le pont Dubuc est rouvert ;))!