J’ai une confession à vous faire. Je suis athée. Voilà, c’est dit.

Vous avez bien compris, madame. Mais, de grâce, ne me jetez pas la première pierre trop vite. J’ai droit à un procès juste et équitable!

En fait, c’est tout simplement un choix personnel. Vous avez fait le vôtre (ou vos parents l’ont fait pour vous) et j’ai fait le mien. Y’a pas à sortir de d’là, comme on dit. J’ai tendance à croire que la religion est la béquille de certains esprits. Vous avez peut-être tendance à croire que, malgré tout, elle fait beaucoup plus de bien que de mal. C’est votre droit et je ne vous juge pas. Pas en ce moment, en tout cas! Et loin de moi l’idée de partir une polémique là-dessus : j’ai eu ma leçon la semaine dernière avec nos amis les chasseurs!

Mais, bref, si je vous dévoile ainsi mes plus noirs secrets en ce beau vendredi matin, c’est que je reviens d’une rencontre des plus intéressantes avec les autorités religieuses de mon village.

Évidemment, je ne peux reproduire ici l’ensemble de l’échange qui a eu lieu à l’intérieur des murs de l’Hôtel de ville, entre le Conseil et Monseigneur. Cependant, je peux vous dire que nous avons particulièrement discuté d’une chose qui ne vous surprendra pas du tout : notre église est en danger. Pas notre « Église », mais notre « église ». Et, oui, je dis « notre » même si j’y vais jamais. Continuez de lire, vous allez comprendre. En gros, soit il va falloir se faire pousser une couple de fidèles dans notre jardin, soit l’église sera convertie en salle multifonctionnelle. Ou pire : vendue? Démolie? À vous de voir, mais moi, je ne suis pas trop trop du type jardinage.

Ça serait pas l’enfer ça, aller assister à un show à l’église avec un gros Jésus en plâtre dans les bleachers?

Je fais bien des farces avec ça, mais l’historien en moi, aussi athée soit-il, ne peut accepter qu’on laisse ainsi partir des vestiges si importants de notre histoire et de notre culture. Comme lorsque la mine Osisko menaçait de devoir déplacer ou même détruire l’église de Malartic, sous prétexte qu’il y avait de l’or en-dessous. Détrompez-vous : l’or n’est pas en-dessous, y’est en-dedans. Et aucune drill ne pourra jamais le sortir de là.

Mais, bon, je dois me rendre à l’évidence et accepter le fait qu’on ne pourra pas éternellement éviter l’inévitable. Par contre, ce qui me dérange le plus dans tout ça, c’est que j’anticipe déjà la grande quête qui aura lieu un jour ou l’autre, dans un effort ultime pour sauver notre église. Un peu comme lorsque la cathédrale d’Amos avait besoin d’un million de dollars pour se refaire une beauté. On va encore demander aux petits catholiques, qui ont parfois eux-mêmes de la misère à payer l’Hydro, de mettre la main dans leur poche pour que le Messie passe l’hiver au chaud. J’espère que Dieu le leur rendra bel et bien au centuple! Sinon, c’est chien.

Mais, sérieusement, la roue ne pourrait-elle pas tourner un peu dans l’autre sens aussi, des fois? Me semble que les fidèles donnent beaucoup à l’Église. Alors, quand est-ce que l’Église va commencer à donner à l’église?