Je suis une fille de route, ma mini-bio le dit : je suis en vacances depuis jeudi après-midi (hou-ha!, hou-ha!), j’ai donc pris la route vers la région natale estrienne vendredi. C’est d’un café du centre-ville de Sherbrooke que j’écris ce matin (un café qui a d’ailleurs triplé de grosseur depuis le temps où j’étais au bacc.). Ça a l’air que je trouve l’inspiration en regardant ce qui m’entoure. La semaine passée, c’était la corde de bois! Ce matin, ce sont l’hôtel de ville et les bâtiments autour… ou disons plutôt : l’absence d’horizon.

L’absence d’horizon, c’est un des aspects « environnementaux » qui me faisait redouter mon retour « en ville ». C’est aussi un des éléments que je retrouvais avec le plus grand bonheur quand je rentrais en Gaspésie, après quelques jours passés dans les villes. Adolescente et jeune adulte, quand j’habitais à Saint-François-Xavier-de-Brompton, au détour de la courbe dans le rang 5, j’avais la vue sur les champs, la forêt et les petites montagnes au loin, avant de descendre la côte qui menait chez mes parents. C’était l’horizon que je retrouvais tous les soirs et que j’aimais. En Gaspésie, mon horizon était la mer!

J’habitais du côté Nord, en Haute-Gaspésie, dans le village de Cap-au-Renard (ne cherchez pas sur la map, c’est un village entre parenthèses fusionné à La Martre). Là où je me trouvais, face au Saint-Laurent, je ne voyais Sept-Îles que par temps très clair, et encore, pas depuis ma maison sur le cap. Il fallait monter dans les terres, en hauteur, pour apercevoir « l’autre bord ». Bref, l’horizon, il était là, à l’Ouest, au Nord et à l’Est, dans toute sa vastitude. Quand j’ai habité aux Îles-de-la-Madeleine, même chose. Il n’y a qu’à connaître un temps soit peu la situation géographique des Îles pour savoir que l’horizon est infini!

Pendant 4 ans et demi, je n’ai été confrontée à presque aucune limite visuelle établie par les humains. Imaginez le choc quand je me suis retrouvée à Montréal cet automne, en plein centre-ville, ou encore à New York, en décembre dernier?! Horizon… hori… quoi? Mot à retirer du vocabulaire en ces lieux : ça n’existe à peu près pas. Tout l’espace est occupé, partout. Pas juste au niveau du sol là, mais au niveau des yeux, à gauche, à droite, devant, derrière et même en haut!!

Il ne fallait pas trop que j’y pense, des plans pour me faire devenir claustrophobe!

Comment fait-on pour ne jamais voir plus loin que le bout de son nez? Quand un bâtiment coupe la vue tous les 30 mètres, il me semble que ça donne envie de respirer, d’avoir de l’air? Suis-je la seule que le trop plein de pans de mur étouffe?

L’horizon, pour moi, offre toutes les possibilités du monde. Il n’érige pas de barrière, il laisse le champ libre, il permet de rêver. L’horizon, c’est sans doute un des éléments qui explique la quantité importante de créatifs que l’on retrouve sur la péninsule ou sur l’archipel au prorata de la population. Sans limite, tout est possible : il ne reste à l’esprit qu’à construire, à imaginer, à créer sans contrainte!

Et vous, de quoi est fait votre horizon?