Par Jessy Laflamme

En milieu rural les premières sorties peuvent s’avérer tout un casse-tête.

Je l’ai réalisé alors que je me trouvais en plein Time Squares avec mon chum. Alors que je regardais, partout et que j’essayais de tout voir, il m’a dit : wow, c’est facile ici d’impressionner quelqu’un lors d’une première rencontre, ce n’est pas les activités et les attractions qui manquent.

Il avait tellement raison. Et cette seule petite phrase nous a permis de déconner et de vivre dix premières rencontres romantiques en moins de deux jours dans cette grande ville qu’est New York. Pas que nous n’avions jamais vécu de moments magiques dans notre Petite-Nation, au contraire, jamais je n’oublierai notre premier baiser au Théâtre des Quatre Sœurs, mais disons que la réalité est différente.

Un élément est très particulier en milieu rural et c’est le fait que tout le monde se connaît. Une fois, je suis allée au restaurant avec un copain avec qui je faisais du bénévolat à la Table jeunesse. Je me suis sentie comme un animal dans le zoo de Central Park. Tout le monde nous regardait. Un homme s’est même permis de taper sur l’épaule de mon ami en nous lançant un clin d’œil. Malaise!

Une autre fois, un journaliste travaillant à Montréal et Gatineau voulait me rencontrer. Je lui ai proposé de prendre un verre à Montebello, dans un petit bar. C’était un soir de semaine, la place était quasiment vide. Quand nous sommes entrés, la serveuse et les quelques clients m’ont bombardé de questions sur un événement qui venait de se produire.

Vous aurez dû voir la face de mon accompagnateur. Il n’en revenait pas qu’on me pose des questions en tant que journaliste alors que je prends un verre avec un prétendant.

Après notre bière, monsieur a voulu un peu plus d’intimité et m’a proposé de marcher sur la rue Principale. Jusque-là tout va bien. Puis, on s’est rendu à la marina où nous étions seuls.

Pas habituée à ce style de rencontre, je voulais y mettre un terme, mais je ne savais pas comment m’en sortir… Il était super sympathique, mais je n’étais pas prête à m’embarquer dans une histoire. Je ne savais pas quoi faire, jusqu’à ce que…

Wouah, tu as vu ça ? Un castor! Allons le voir de plus près!!!

Hé oui, un castor m’a sauvée d’une situation embarrassante. C’était tout de même une belle soirée pour moi en tout cas… Et sûrement pour le castor qui n’avait jamais eu autant d’attention de toute sa vie.