Mon titre dit tout. Quand on vit en Abitibi-Témiscamingue, les gens croient automatiquement que notre activité préférée en automne est… la chasse. Et bien que j’aime la pêche – et ici je me permets d’insister sur le fait que j’exclue la pêche sur glace! – la chasse ne fait pas partie de mes passe-temps.

M’habiller en camouflage, porter un dossard orange et pourchasser des animaux dans la boue ne représentent en rien une partie de plaisir à mon avis. En plus, à cette période de l’année, il pleut la plupart du temps. Qui veut aller s’installer dans un perchoir, au froid, en attendant qu’un orignal sorte de sa cachette? Pas moi!

La réalité est que lorsque vient la période de la chasse à l’orignal, la vie tourne au ralenti dans notre région. Deux semaines où le sujet principal, même à la radio, tourne autour de la chasse. Avez-vous déjà entendu l’expression : veuve de chasse? Pour nous, il s’agit d’un réel statut matrimonial en octobre! Les hommes partent pour le camp – je dois préciser que certaines femmes y vont également –, pendant que des soirées de femmes s’organisent en ville. D’autres se contentent de la chasse au petit gibier – comme mon amoureux –, qui n’exige pas de se rendre au camp de chasse et qui dure plus longtemps en saison.

Car, lui, considère que c’est ça, profiter de la vie! Quand la température est clémente, j’ose parfois le suivre dans le boisé derrière la maison, pour marcher et respirer l’air frais pendant que lui est aux aguets des pauvres perdrix.

Je troque donc mes talons hauts pour des bottes à l’eau, enfile du linge chaud, à tenter de suivre mon amoureux qui a le pas vraiment plus rapide que moi – ses jambes sont franchement plus longues que les miennes!  Une fois sur trois :

  1.  je me retrouve disgracieusement sur le derrière, en disant : « non, ça va, seulement mon orgueil est blessé »;
  2.  je jure quand je vois que d’affreux craquias (vous savez, ces arbustes avec des pics-pics!) sont collés partout sur mes vêtements, sur mes gants et parfois même ma tuque;
  3.  je me retrouve couverte de boue grâce à mon gentil toutou qui passe en coup de vent à mes côtés, s’assurant de m’éclabousser;

Et pourtant, chaque fois que mon homme me demande si je veux l’accompagner, je dis oui, assurément! Quel beau moment pour profiter de la nature. Je dois être un peu masochiste!

Ah oui! Je dois cependant confesser que je suis une fervente de viande sauvage alors… J’ADORE LA CHASSE FINALEMENT!